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        <title>URBANIA</title>
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        <description>Rendre l’ordinaire extraordinaire - le meilleur du contenu URBANIA</description>
        <language>fr-CA</language>
                    <copyright>© 2026 URBANIA</copyright>
                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 16:55:43 -0400</pubDate>

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                <title>L’après Nooran</title>
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                <description>Longueuil, devant le poste de police. Le bal médiatique se met en place. Les trépieds s’ouvrent, les journalistes répètent leur direct. À quelques mètres de là, la famille ouvre une boîte de carton et en sort des t-shirts. Sur chacun, le même visage. Il y a un an, en plein après-midi, Nooran Rezayi tombait sous […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Longueuil, devant le poste de police. Le bal médiatique se met en place. Les trépieds s’ouvrent, les journalistes répètent leur direct. À quelques mètres de là, la famille ouvre une boîte de carton et en sort des t-shirts. Sur chacun, le même visage.</p><p>Il y a un an, en plein après-midi, Nooran Rezayi tombait sous les balles policières. Il avait 15 ans.</p><p>L’intervention a duré neuf secondes. Neuf secondes, c’est presque rien. Ce jour-là, elles ont suffi pour qu’une vie s’arrête et pour que s’enclenche tout ce qui allait suivre.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_21-600x400.jpg" /></figure><p>Car il arrive qu’un aussi bref instant produise des mois d’enquête, des dizaines d’articles, des milliers de commentaires. Des accusations, des menaces, des poursuites, des manifestations. Des versions qui s’affrontent. Un paradoxe désormais familier à l’ère des réseaux sociaux. Plus les images, les témoignages et les explications s’accumulent, plus les faits eux-mêmes semblent parfois se dérober.</p><p>On pourrait pourtant croire que ces neuf secondes sont reconstituables. Des caméras de sonnettes sont devenues des pièces à conviction. Des <i>group chats</i>, des preuves. Des voisins et des adolescents ont parlé aux enquêteurs. Des policiers ont enquêté sur d’autres policiers. Il existe des images, des récits, des rapports, des heures d’entrevues pour comprendre quelques secondes.</p><p>Et pourtant. Un an plus tard, les réponses demeurent largement inaccessibles au public. Surtout à celui pour qui elles comptent le plus, la famille de Nooran.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_22-600x399.jpg" /></figure><p>L’affaire a fait assez de bruit pour devenir bien plus qu’un simple fait divers. Dès les premiers jours, elle a absorbé plusieurs des inquiétudes du moment. Le profilage racial, la violence policière, les réseaux sociaux, les jeunes issus de l’immigration, la délinquance juvénile, le vivre-ensemble dans les banlieues.</p><p>Puis, l’année a passé. D’autres histoires ont occupé l’espace public, d’autres controverses ont éclaté. À Montréal-Nord, des dreadlocks conservés par des policiers comme trophées ont provoqué un scandale. Plus récemment, les caméras corporelles sont revenues au centre du débat, et le conseil municipal de Montréal vient tout juste d’adopter un règlement visant à interdire les insultes envers les policiers.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_19-600x399.jpg" /></figure><p>Des histoires différentes, à des moments différents, mais qui semblent le prolongement d’une même conversation. La police. Les jeunes des quartiers. La peur que les uns inspirent aux autres.</p><p>Un an plus tard, la mort de Nooran n’est donc pas restée figée dans les neuf secondes où elle s’est produite. Tout ce qui est arrivé depuis est venu, d’une manière ou d’une autre, modifier la lumière sous laquelle on les regarde.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_14-600x401.jpg" /></figure><p>Devant ce genre de drame, je suis souvent frappé par l’impudeur des médias. Ce n’est pas de la malveillance. Plutôt cette indiscrétion presque mécanique qu’exige le métier, et tout le théâtre qui vient avec. Les caméras, les micros, les demandes d’entrevue, les questions répétées à des gens qui viennent parfois de vivre le pire jour de leur vie. Les journalistes font leur travail. Je fais le mien.</p><p>C’est une position étrange. Nous arrivons après les faits pour en éclairer les angles morts, s’efforcer de comprendre ce qui s’est passé, raconter ce qui avance et ce qui ne bouge pas. Mais, à force d’être là, notre présence finit elle aussi par faire partie du paysage. Une petite industrie du récit se déploie autour du malheur.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_13-600x399.jpg" /></figure><p>Ce soir, les médias semblent avoir appris la prudence. On garde ses distances. Il y a la famille de Nooran, ses avocats, des militants contre les violences policières, quelques keffiehs autour du cou. Et puis, il y a ses amis.</p><p>Ce sont eux les plus nombreux. Ils arrivent par grappes, se reconnaissent, se rejoignent, jusqu’à former un bloc compact devant le poste. Tout de noir vêtus. Capuches relevées, visages recouverts. Sur les masques, au Sharpie, on peut lire LLN pour <i>Long Live Nooran</i>. <i>Forever 15</i>. <i>Justice pour Nooran</i>.</p><p>Son visage, lui, n’a pas vieilli. Sur les t-shirts, les pancartes et les publications, c’est toujours celui d’un garçon de 15 ans, AirPods aux oreilles. Une photo ordinaire d’un adolescent ordinaire, d’origine afghane, devenue en un an un symbole brandi pour dénoncer les bavures policières.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_12-600x400.jpg" /></figure><p>Le rappeur montréalais Raccoon prend le micro en premier. Derrière lui, les jeunes se serrent les uns contre les autres. La scène a quelque chose d’un clip. Les vêtements, les visages fermés, le nombre. Ensemble, ils ont préparé un texte. Raccoon le lit devant la foule. </p><p>«&nbsp;Vous voulez protéger le quartier de nous. Mais qui nous protège, nous, dans le quartier ?&nbsp;»</p><p>Derrière lui, personne ne bouge. Une manière de montrer qu’ils sont encore là, ensemble, devant un système dont ils disent ne plus attendre grand-chose.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_11-600x400.jpg" /></figure><p>Puis, la cousine de Nooran prend le micro. Suivie de sa sœur. Et quelque chose change. Quelques mots seulement. La voix casse. Une phrase repart, puis s’arrête.</p><p>«&nbsp;Il avait des années à vivre.&nbsp;»</p><p>Les journalistes savent bien faire ça. Regarder. Prendre des notes. Cadrer. Enregistrer. Vérifier que le son entre bien. Le métier fournit toute une série de gestes derrière lesquels se tenir quand la douleur des autres devient trop proche. Une distance professionnelle, une manière de rester insensible pendant que les autres s’effondrent. C’est une protection assez efficace. Jusqu’à ce que la carapace craque. Ce soir-là, dans chaque silence, il reste un son qu’aucun micro n’a besoin d’amplifier. Celui d’une famille qui pleure son fils.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_16-600x400.jpg" /></figure><p>La marche commence. Deux kilomètres séparent le poste de police de l’endroit où Nooran a reçu deux balles d’un policier dont le nom n’a pas été rendu public et qui aurait ensuite reçu des menaces de mort. Sur Snapchat, un montant aurait circulé pour sa tête. <i>Deux bags </i>(2 000 $) indiquait le message.</p><p>Dans son texte, Raccoon cite Fredy Villanueva. Le rapprochement vient facilement, mais les deux histoires appartiennent à des imaginaires différents. Montréal-Nord d’un côté, la Rive-Sud de l’autre. Je lui demande alors ce qui, selon lui, rapproche les deux drames.</p><p>«&nbsp;Ce qui relie les deux, c’est simple, ce sont deux jeunes issus de familles immigrantes. Peu importe où tu te trouves, Montréal-Nord ou la banlieue, quand tu n’es pas Blanc, tu es traité différemment.&nbsp;»</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_7-600x399.jpg" /></figure><p>La foule avance à bon pas, éclairée par l’escorte policière. Les jeunes ne veulent pas parler aux journalistes. Ils nous regardent avec la même méfiance qu’ils semblent réserver à plusieurs des institutions mêlées à cette histoire.</p><p>Quelques-uns acceptent néanmoins de dire quelques mots, à voix basse.</p><p>«&nbsp;C’est pire que jamais depuis.&nbsp;»</p><p>«&nbsp;Tous des chiens. Des racistes.&nbsp;»</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_8-600x399.jpg" /></figure><p>Un autre parle d’être «&nbsp;traqué par les <i>opps</i>. C’est <i>daily</i>, à c’t’heure.&nbsp;»</p><p>Un seul me dit simplement : «&nbsp;Ça aurait pu être moi.&nbsp;»</p><p>Ce jour-là, ajoute-t-il, c’est tombé sur Nooran.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_2-600x400.jpg" /></figure><p>Le cortège débouche sous les cris devant une maison cossue. Dans l’entrée, deux Tesla sont stationnées. Puis, le ton change. La colère devient recueillement. On allume des lampions. Un aîné de la famille récite une prière musulmane. Les conversations diminuent. Jusqu’au cri du cœur de la mère, où se mêlent tristesse et révolte.</p><p>À la sortie de la rue, des véhicules banalisés stationnés à distance. Des pick-up remplis d’agents, lumières éteintes, prêts à intervenir si quelque chose dérape.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_5-600x400.jpg" /></figure><p>En repartant, je croise un jeune sur le chemin du retour.</p><p>Il fréquentait la même école que Nooran : «&nbsp;AL&nbsp;», pour André-Laurendeau. Ils avaient des amis en commun. Depuis sa mort, me dit-il, quelque chose s’est pourri.</p><p>«&nbsp;La peur de nous, c’est les magasins qui appellent les flics dès qu’on rentre à trois-quatre. Les voisins font pareil si on traîne trop. L’école aussi. On est vus partout comme dangereux.&nbsp;»</p><p>Le peu de confiance qui restait, dit-il, est parti ce jour-là. Il raconte cela tranquillement. Comme on décrit une nouvelle règle à laquelle il faut désormais se plier.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_17-600x400.jpg" /></figure><p>Je repense aux jeunes devant le poste. Les coupes de cheveux. Les poignées de main. Les sacs à dos. Les souliers. Les cagoules. Le lexique. Les codes. Des origines différentes, mais une même culture adolescente, largement illisible pour les adultes. Les policiers compris.</p><p>On regarde. On interprète. On se trompe parfois. Et entre ce qu’on voit et ce qu’on croit voir, la peur fait le reste.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_10-600x399.jpg" /></figure><p>Parallèlement à l’affaire Nooran s’est installé le récit d’une violence adolescente qui se déplacerait, de jeunes de plus en plus jeunes, d’une hostilité croissante envers les policiers, de phénomènes autrefois associés à certains quartiers montréalais qui gagneraient désormais les couronnes.</p><p>Les chiffres avancés par le SPAL donnent du poids à cette inquiétude. Sur son territoire, les infractions violentes impliquant des mineurs auraient augmenté de 42 % entre 2021 et 2025, et celles impliquant une arme de 64 %. Près d’un crime violent sur cinq implique désormais un jeune de 12 à 17 ans.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_9-600x399.jpg" /></figure><p>Reste à savoir exactement ce qu’ils racontent. Car ces données viennent de la police elle-même, une institution qui documente le phénomène tout en étant au cœur du débat sur la manière dont cette menace est perçue et sur la réponse qu’on lui apporte. La boucle devient difficile à démêler.</p><p>«&nbsp;On a retrouvé une arme&nbsp;», rappelez-vous.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_15-600x400.jpg" /></figure><p>En 1993, l’artiste américain David Hammons présente <i>In the Hood</i>. L’œuvre tient à presque rien. La capuche découpée d’un hoodie noir, accrochée seule au mur. Il n’y a personne dedans. Et pourtant, quelqu’un apparaît. Un jeune homme racisé, peut-être. Ou plutôt l’idée que l’on s’en fait. La rue et sa culture. La menace. Tout ce qu’un regard peut déposer sur un simple morceau de tissu.</p><p>Il y avait peut-être deux cents personnes ce soir-là. Peut-être davantage. On pourrait les compter. Mais qu’est-ce que cela changerait ?</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Nooran_1-600x401.jpg" /></figure><p>Au fil des mois, le silence demeure. Mais la mort d’un adolescent finit toujours par éclairer quelque chose de plus vaste que sa propre histoire. C’est peut-être cela qu’il faut regarder, un an plus tard. Pas seulement ce qui est arrivé à Nooran Rezayi, mais tout ce que sa mort a fait remonter à la surface, nos peurs, nos réflexes, nos préjugés. Tout ce qu’une société révèle d’elle-même lorsqu’elle cherche à expliquer la mort d’un garçon.</p><p>Les institutions enquêtent encore. Les procédures se poursuivent. Des éléments essentiels restent disputés. Pourtant, presque tout le monde semble déjà avoir sa réponse à cette question inconfortable :</p><p>Si les adolescents réunis cet après-midi-là avaient été blancs, ces neuf secondes auraient-elles été les mêmes ?</p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Jean Bourbeau</dc:creator>
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                                    <category>Enjeux</category>
                                    <category>Société</category>
                                    <category>URBANIA</category>
                                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 16:55:43 -0400</pubDate>
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                <title>La proche aidance : quel prix devront payer les femmes?</title>
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                <description>On veut tous vieillir à la maison l’air serein, quelques rides assumées en plus, en posant sur nos accomplissements un regard humblement satisfait, et ce, sans jamais devenir un boulet pour nos proches. Le rêve, c’est de cultiver la même énergie que la dame qui fait fondre mon cœur dans cette vidéo. @radio.canada.quebec À l’aube […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>On veut tous vieillir à la maison l’air serein, quelques rides assumées en plus, en posant sur nos accomplissements un regard humblement satisfait, et ce, sans jamais devenir un boulet pour nos proches. Le rêve, c’est de cultiver la même énergie que la dame qui fait fondre mon cœur dans cette vidéo.</p><p>Mais la réalité est bien plus glauque pour plusieurs.</p><p>Dans les faits, le vieillissement implique souvent<a href="https://www.inspq.qc.ca/sante-personnes-ainees/defis"> des besoins de soins qui peuvent devenir complexes</a> et qui requièrent de l’aide. Et cette aide, elle provient majoritairement des femmes.</p><p>À l’heure actuelle, les services publics ne parviennent pas à soutenir l’ensemble des personnes en perte d’autonomie dans le besoin.<a href="https://app.powerbi.com/view?r=eyJrIjoiOGIyZWI4NGQtN2FjZC00OGFjLTgwMWYtZmM3N2M3ZjYyNjU2IiwidCI6IjA2ZTFmZTI4LTVmOGItNDA3NS1iZjZjLWFlMjRiZTFhNzk5MiJ9"> Les listes d’attente de Santé Québec sont longues</a> pour obtenir un premier soin à domicile ou une place dans un milieu d’hébergement adapté. </p><p>Déjà, en 2012, <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/commissions/csss-40-1/journal-debats/CSSS-140218.html?">le Vérificateur général de l’époque mentionnait</a> que les listes d’attente ne représentaient que la pointe de l’iceberg des besoins non comblés. Besoins qui, en 2024, continuaient de ne pas l’être et de s’alourdir <a href="https://www.csbe.gouv.qc.ca/fileadmin/www/2024/Rapport_final_SAD/CSBE_Resume_SoutienDomicile.pdf">selon la Commissaire de la Santé et du bien-être</a>, jugeant la situation inquiétante. Ces alertes ont été lancées dans un contexte de resserrement des critères d’admission dans les milieux d’hébergement adaptés aux personnes âgées en perte d’autonomie, <a href="https://www.assnat.qc.ca/Media/Process.aspx?MediaId=ANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_75899&process=Default&token=ZyMoxN">noté dès 2013</a>. </p><p>En attendant que les services gouvernementaux adéquats soient offerts à une personne en perte d’autonomie, qui pallie? </p><p>Ce sont les personnes proches aidantes, qui sont majoritairement des femmes. </p><p>Selon les données de l’<a href="https://observatoireprocheaidance.ca/wp-content/uploads/2023/06/2023-06-02-Donnees-sur-la-proche-aidance_final.pdf">Observatoire québécois de la proche aidance</a> et le<a href="https://csf.gouv.qc.ca/edition-numerique/proche-aidance/"> Conseil du statut de la femme</a>,<a href="https://observatoireprocheaidance.ca/la-proche-aidance/"> près de 60 % des personnes proches aidantes sont des femmes</a> et la proportion augmente à mesure que croît le nombre moyen d’heures consacrées au soutien. Au Québec, la personne proche aidante type est une femme d’âge moyen (de 45 à 64 ans) qui aide l’un de ses parents.</p><h4>Continuité du rôle de mère</h4><p>Selon Katia Brocart, Directrice générale du réseau Aidance Montérégie, «&nbsp;la proche aidance s’inscrit dans la continuité du rôle de mère&nbsp;», ce qui expliquerait la surreprésentation des femmes en proche aidance. On associe historiquement les femmes à la cuisine, au ménage et à la prise de rendez-vous médicaux : des tâches qui se retrouvent souvent au cœur de la proche aidance. </p><p>Katia ajoute que ces responsabilités sont parfois invisibilisées autant par la personne aidée que par le réseau. </p><p>«&nbsp;On demande à un homme en perte d’autonomie s’il a besoin d’aide pour le bain ou des tâches domestiques et il dit non parce que sa femme s’en occupe. On n’ajoutera pas une demande de services supplémentaires dans le système. Mais on ne pose pas la question à sa femme qui veut ces services et qui est dans un état d’épuisement extrême&nbsp;», ajoute-t-elle.</p><p>Les femmes seraient d’ailleurs<a href="https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/por_proches_aidants20180419_web.pdf"> plus nombreuses à assumer les tâches demandant un plus grand engagement personnel, soit la charge émotionnelle et organisationnelle liée aux soins</a>. </p><h4>Petite entreprise de coordination de soins</h4><p>Claire Vaillant, professionnelle dans le domaine bancaire, peut en témoigner. Ces dernières années, elle s’est vue devenir proche aidante sans même le réaliser. Cette dernière confie avoir l’impression de gérer une petite entreprise de coordination de soins. </p><p>À travers les tentacules administratifs, il faut trouver les bons numéros, demander des évaluations, élaborer des calendriers, demander d’autres évaluations, se retenir de crier, appeler les assurances, vérifier la médication, tenter de comprendre les crédits d’impôt, pleurer, questionner ChatGPT sur le mandat d’inaptitude. Elle n’a toutefois aucun regret. Elle aime sa mère de tout son cœur. </p><p>Par contre, elle a l’impression de ne pas en faire assez.</p><p><a href="https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/por_proches_aidants20180419_web.pdf">Selon le Conseil du statut de la femme</a>, «&nbsp;la proche aidance entraîne une baisse du nombre d’heures de travail tant chez les hommes que les femmes, mais l’ampleur de la diminution se révèle plus importante chez celles-ci&nbsp;». Plusieurs proches aidantes quittent temporairement ou définitivement leur emploi, avec des impacts directs sur leur progression professionnelle et leur autonomie financière.  </p><p>Claire ne songe pas à quitter son emploi : ses obligations financières l’en empêchent. Elle doit tout de même diminuer ses heures de travail et stresser en voyant ses courriels s’accumuler. «&nbsp;Une montagne de travail m’attend quand j’accompagne ma mère à ses rendez-vous. La culpabilité est constante&nbsp;», poursuit-elle. </p><p>Malgré ses ambitions, Claire a dû refuser une promotion et mettre en veilleuse un projet personnel qui lui tient à cœur. </p><h4>La marée monte</h4><p>La situation de Claire risque de devenir la réalité de beaucoup d’autres femmes au cours des prochaines années. «&nbsp;La démographie, c’est comme la marée : très prévisible&nbsp;»,<a href="https://www.lapresse.ca/debats/opinions/2020-04-22/vieillissement-vingt-ans-d-aveuglement-volontaire-collectif"> écrivait Michel Clair</a>, ancien ministre sous René Lévesque. On peut voir la vague venir. </p><p>Selon la Chaire de recherche Jacques‑Parizeau en politiques économiques, le nombre de personnes de 85 ans et plus<a href="https://cjp.hec.ca/horizon-2040/"> est appelé à doubler d’ici 2040</a>. Dans les dix prochaines années,<a href="https://aqmva.ca/budget-du-quebec-2026-2027-les-aines-laisses-sans-reponse-dans-le-contexte-de-la-crise-qui-les-frappe/"> 111 000 personnes aînées supplémentaires auront besoin de soutien à l’autonomie</a>. </p><p>Ces chiffres donnent envie de se couvrir les yeux. Surtout en consultant les reproches adressés au gouvernement par la<a href="https://www.vgq.qc.ca/Fichiers/Publications/rapport-annuel/217/VGQ_Novembre2025_web.pdf"> Vérificatrice générale du Québec</a>, l’année dernière, selon lesquels la planification budgétaire étatique sous-estime les coûts liés au vieillissement de la population. La VGQ craint qu’une pression significative et non planifiée, ne s’ajoute sur un réseau déjà sous tension. </p><p>L’hiver dernier, la ministre Bélanger a présenté <a href="https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2025/25-704-07W.pdf">une Politique</a> qui fait du maintien à domicile un pilier central de la réponse gouvernementale au vieillissement. L’intention est louable, mais sans financement suffisant ni création de nouvelles places d’hébergement adaptées, le maintien à domicile relèvera de la solution par défaut plutôt que du choix. Les besoins de certaines personnes dépasseront ce qui peut être comblé à la maison et une part croissante de la responsabilité de l’État devra être transférée aux personnes proches aidantes. Les femmes risquent un recul de leurs avancées sur le marché du travail.</p><p>Parce que sans investissements massifs et une meilleure planification, une autre chose sera aussi prévisible que la marée : la reproduction des inégalités de genre. </p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Ariane Picard</dc:creator>
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                                                    <category>Économie</category>
                                    <category>Quatre95</category>
                                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 14:11:59 -0400</pubDate>
            </item>
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                <title>Un premier spa maman-bébé au Québec</title>
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                <description>Quand on devient mère, prendre soin de soi peut rapidement se retrouver quelque part entre « vider le lave-vaisselle » et « prendre rendez-vous chez le dentiste » sur la liste des priorités. Autrement dit : assez loin derrière tout le reste. « En tant que maman, on se met toujours en dernier. C’est toujours […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Quand on devient mère, prendre soin de soi peut rapidement se retrouver quelque part entre «&nbsp;vider le lave-vaisselle&nbsp;» et «&nbsp;prendre rendez-vous chez le dentiste&nbsp;» sur la liste des priorités. Autrement dit : assez loin derrière tout le reste.</p><p>«&nbsp;En tant que maman, on se met toujours en dernier. C’est toujours le bébé, la famille. Au final, tu finis par te dire : “Bon, laisse faire, c’est juste un moment pour moi, j’en ai pas tant besoin”.&nbsp;»</p><p>C’est justement à ce réflexe que Verena Garcia voulait s’attaquer en fondant Mothermoon Spa, qu’elle présente comme le premier spa bien-être maman-bébé au Québec.</p><p>«&nbsp;Mothermoon Spa, c’est un endroit où tu peux venir à n’importe quelle étape de ta maternité pour prendre soin de toi, avec ou sans ton bébé, vraiment pour permettre à toutes les mamans qui ont envie de se redonner un petit peu d’amour.&nbsp;»</p><h4>Un projet né de son propre congé de maternité</h4><p>Verena travaillait déjà dans l’industrie du bien-être depuis une dizaine d’années lorsqu’elle est devenue mère. Comme beaucoup de nouveaux parents, elle a alors vu ses priorités être complètement chamboulées.</p><p>«&nbsp;Quand t’as un bébé, ta vie change complètement. Quand ton bébé est là, il devient un peu le centre de ton monde, puis c’est très difficile parfois de t’en séparer.&nbsp;»</p><p>Pendant son congé, elle se demande si elle veut retourner travailler ou plutôt rester à la maison avec sa fille. Elle réalise assez vite que la deuxième option ne lui convient pas. L’entrepreneuriat, pourtant, ne faisait pas non plus partie de ses plans.</p><p>«&nbsp;Je me suis dit : “Bon, allez, la mission, elle, est plus forte”. J’ai envie de prendre soin des autres mamans. J’ai envie de mettre la maman au cœur du projet.&nbsp;»</p><p>Au fond, le projet répond aussi à un besoin très personnel. «&nbsp;Je faisais ça pour moi, en fait, pour la maman dans ma vie. C’est moi, la maman dans ma vie.&nbsp;»</p><h4>Des soins pensés autour de la maternité</h4><p>Le spa propose des soins adaptés à différentes étapes, de la grossesse au post-partum en passant par l’allaitement. On y retrouve notamment des soins pour la poitrine, le ventre et les cicatrices de césarienne, ainsi que des massages ciblant le cou et les épaules.</p><p>Mais la principale particularité de l’endroit est ailleurs : pas besoin de trouver quelqu’un pour garder bébé avant de prendre rendez-vous.</p><p>Les tables de soins sont inclinables pour permettre, par exemple, d’allaiter pendant un soin. Les salles comprennent aussi un espace réservé aux enfants, tandis que le mobilier a été choisi avec des coins arrondis. Même le déroulement du rendez-vous peut être adapté.</p><p>«&nbsp;Chaque bébé est unique, chaque enfant a des besoins différents.&nbsp;»</p><p>L’objectif est ainsi de retirer le plus d’obstacles possible entre les mères et un moment consacré à elles-mêmes — y compris la préparation nécessaire pour sortir avec un bébé.</p><p>«&nbsp;Tu peux littéralement venir les mains vides, juste toi et ton bébé, puis on a tout ce qu’il faut pour toi.&nbsp;»</p><p>Pour Verena, cette simplicité permet surtout d’alléger, ne serait-ce que pour un moment, la charge mentale qui accompagne souvent la maternité.</p><p>«&nbsp;C’est vraiment ce qui me manquait, moi, pendant mon congé maternité.&nbsp;»</p><p class="p1"><b><i>Tous les jeudis, Mollo vous envoie une infolettre remplie de contenus informatifs, amusants et décomplexants remplie de contenus inclusifs et instructifs qui devraient vous aider à prendre votre parentalité à la légère… et au sérieux en même temps. </i></b><a href="https://urbania.ca/mollo/abonnement"><b><i>Abonnez-vous juste ici!</i></b><b><i></i></b></a></p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Urbania</dc:creator>
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                                    <category>Société</category>
                                    <category>0-2 ans</category>
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                                    <category>Enfance</category>
                                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 14:08:07 -0400</pubDate>
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                <title>La guerre contre les cheveux bouclés n’aura pas lieu</title>
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                <description>Mia est moche : grosses lunettes en cul de bouteille, vêtements laids et boucles bordéliques. Mais Mia a de la chance car une mystérieuse grand-mère vient un jour frapper à sa porte pour lui annoncer qu’elle est héritière du royaume de Génovie. Convertie en princesse, Mia subit un laborieux relooking à commencer par un lissage […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Mia est moche : grosses lunettes en cul de bouteille, vêtements laids et boucles bordéliques. Mais Mia a de la chance car une mystérieuse grand-mère vient un jour frapper à sa porte pour lui annoncer qu’elle est héritière du royaume de Génovie. Convertie en princesse, Mia subit un laborieux relooking à commencer par un lissage de cheveux digne de la plus belle séance de repassage capillaire. Qui ose avoir oublié <i>Princesse malgré elle </i>avec Anne Hathaway dans le rôle de la-moche-qui-est-en-fait-pas-moche-avec-un-brushing ?</p><p>Ce film a hanté mon adolescence capillaire. </p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/UNE-CHEVEU-600x338.jpg" /></figure><p>Faut-il donc avoir les cheveux lisses pour être jolie et un goal obligatoire à atteindre ? Les pubs, le cinéma, les Disney et  Jennifer Aniston (pour l’intégralité de son oeuvre) répondent en chœur : Oui !</p><p>En ce qui me concerne, j’ai hérité du patrimoine génétique de ma mère d’origine marocaine : une chevelure sombre, épaisse et bouclée. Des ondulations peu admises dans la famille issue de l’immigration des années 70 que mes tantes et cousines ont abandonné à la frontière, à coup de lisseurs et de produits chimiques corrosifs aux parfums synthétiques. A la place, elles arboraient de longues mèches brillantes, lisses – parfois teintées de blond ou d’auburn. J’ai toujours cru qu’elles étaient nées avec… </p><p>Safia – père algérien et mère allemande – n’a pas non plus appris à prendre soin de ses boucles. Sa mère l’a (littéralement) envoyer se faire brosser. <em>«&nbsp;100 coups de brosse pour avoir des cheveux en bonne santé&nbsp;» préconisait-elle. Rien de tel pour transformer sa chevelure en «&nbsp;tignasse mousseuse&nbsp;».</em></p><p>Moi-même j’ai grandi dans la nécessité de vivre avec un lisseur pour un rituel quotidien éradicateur de boucles, terrifiée au moindre frisottis, annulant toute sortie dès lors que le ciel menaçait la moindre goutte de pluie.</p><p><strong>Ce trauma du cheveu occidental de riche, il a un coût.</strong> </p><p>Un lisseur pro (puisqu’on est parvenu à nous faire croire que les Dyson à 500 balles étaient une juste cause), des soins réparateurs et des séances de lissage brésilien en salon (150 à 400€ la séance, à renouveler tous les trois à quatre mois). Les femmes en quête de cheveux rectilignes dépensent beaucoup. Sans compter leur impact polluant : les défrisants et laques de lissage contiennent du formaldéhyde ou ses dérivés – classé cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) depuis 2004 -, des parabènes, des phtalates et des silicones. Un cocktail molotov mis en évidence par une étude du National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS) publiée en 2022 : l’utilisation régulière de défrisants entraîne un risque accru de cancer de l’utérus. Quant au reste, les silicones contenus dans ces produits finissent joyeusement dans les milieux aquatiques après avoir été rincés. </p><p>Depuis quelques années, un changement s’opère. Les hashtags #curlpower, #curlyhair, #curlyroutine cumulent des centaines de millions de vues. N’échappant plus à l’appel du «&nbsp;cheveu naturel&nbsp;» j’ai rapidement cédé aux crèmes bouclantes, initiée par mes ami·es au jargon : gel coiffant, mèches ondulées ou bouclées, texturé ou frisé… </p><p><strong>Décolonisons la bouclasse</strong></p><p>Pour la sociologue Samia Saadani, ce changement participe à décoloniser “les normes de beauté nord-africaines”  en matière capillaire notamment. Avec Yassine Alami, un enseignant en Histoire-Géographie, elle lance en 2018 un projet intitulé «&nbsp;Hrach is beautiful&nbsp;». <i>“Dans notre communauté, on a un problème dans notre rapport à notre corps, à nos cheveux”</i>, relate Samia, qui constate à cette époque l’émergence d’un débat à ce sujet sur Twitter et l’absence de représentations. <i>“Ce n’est pas simplement une question de racisme, c’est issu d’un héritage colonial”</i>, poursuit-elle. Elle-même relate les nombreux lissages effectués et la difficulté <i>“à essayer de rentrer dans une norme eurocentrée”</i>. Le projet rencontre un vif succès, les témoignages affluent. </p><p>Doucement, Samia voit s’esquisser une histoire de discrimination et de honte qui naissent dès le foyer familial.<i> “Parmi les premières raisons évoquées pour expliquer que l’on cache ses boucles, ce sont les remarques intrafamiliales. C’est la tata au repas de famille qui va faire une remarque. C’est l’injonction à ce que les cheveux soient brushingués pour aller à un mariage.” </i>Le monde du travail vient ensuite. <i>“Ces personnes intériorisent que le cheveu texturé n’est pas professionnel.”</i> Aujourd’hui, la chercheuse constate une évolution, avec l’apparition de “coiffeurs spécialisés” et la reconnaissance dans la loi de la discrimination capillaire en 2024. </p><p>Le mouvement de normalisation des cheveux naturels étant toujours en cours – le CAP coiffure n’a commencé à enseigner le coiffage de cheveux crépus qu’en 2023 – il s’est rapidement promu comme un marché nouveau, au coût élevé. </p><p>Les réseaux sociaux apportent aussi leur lot de nouvelles injonctions. Cheveux bouclés au naturel OK mais c’est quand même mieux avec une armada de produits à prix d’or et puis  comment ça tu sais pas si tes boucles sont 2C ou 3B ? Est-ce qu’on aurait pas troqué une norme pour une autre ? Cheveux bouclés ou pas, c’est surtout l’injonction à la perfection qui domine. </p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Urbania</dc:creator>
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                                    <category>URBANIA France</category>
                                    <category>Tranche de vie</category>
                                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 12:34:33 -0400</pubDate>
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                <title>Le guide du jardinage d’automne : prolonger ses récoltes et préparer le printemps</title>
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                <description>Septembre est là, les journées raccourcissent, les nuits rafraîchissent et votre plant de tomate commence à avoir l’air aussi fatigué que vous après la rentrée. En voyant ça, notre réflexe est assez naturel : récolter les dernières tomates, vider les pots et les ranger jusqu’au printemps. Pas si vite, car septembre est probablement l’un des […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Septembre est là, les journées raccourcissent, les nuits rafraîchissent et votre plant de tomate commence à avoir l’air aussi fatigué que vous après la rentrée. En voyant ça, notre réflexe est assez naturel : récolter les dernières tomates, vider les pots et les ranger jusqu’au printemps.</p><p>Pas si vite, car septembre est probablement l’un des mois les plus sous-estimés en termes de jardinage. Il reste des choses à récolter, certaines à semer et c’est l’occasion de préparer vos pots, vos bacs et votre cour pour l’année prochaine.</p><h2>Oui, vous pouvez encore semer</h2><p>Les tomates, concombres et plants de basilic aiment la chaleur. D’autres légumes préfèrent le retour du temps frais. Si un pot ou un bac se libère, vous pouvez encore planter des radis, de la roquette, des épinards, du mesclun ou certaines laitues.</p><p>Il s’agit simplement de moduler ses attentes. Puisque les journées raccourcissent et que les températures diminuent, une laitue semée en septembre ne poussera pas à la même vitesse qu’en juin. L’astuce est de privilégier des légumes à croissance rapide et de ne pas nécessairement attendre qu’ils atteignent leur pleine maturité. Une poignée de jeunes feuilles d’épinards ou de roquette, ça compte aussi comme une récolte. Du bébé mesclun, c’est tendre, et surtout, c’est vert!</p><p>Sur un balcon, vous bénéficiez d’un avantage : vous pouvez déplacer votre champ. Un pot peut être rapproché du bâtiment, rentré à l’intérieur, placé dans un endroit plus ensoleillé ou temporairement protégé en vue d’une nuit particulièrement froide. Essayez ça avec un hectare de laitue.</p><h2>Le premier gel ne gagne pas toujours</h2><p>Les légumes ne réagissent pas tous de la même façon au froid. Le basilic peut commencer à souffrir bien avant que les épinards, la mâche, certains choux ou les poireaux ne soient réellement dérangés. Une couverture flottante ou un drap installé au-dessus d’un bac ou d’une petite plate-bande peut aussi offrir une protection supplémentaire et permettre de prolonger les récoltes.</p><p>Pas besoin de transformer votre balcon en serre quatre saisons. L’idée est simplement de grappiller quelques jours ou semaines supplémentaires. Au Québec, ça compte pour beaucoup.</p><h2>Et si vous semiez quelque chose que vous ne mangerez jamais?</h2><p>Voici maintenant un concept que j’aime particulièrement : les cultures de couverture, aussi appelées engrais vert. Le principe est presque étrange pour un jardinier. On achète des semences, on les sème, on les arrose… et on n’a absolument aucune intention de les manger. Cette fois-ci, ce n’est pas vous qu’on cherche à nourrir. C’est votre sol.</p><p>Une culture de couverture est une plante cultivée principalement pour les services qu’elle rend au sol. En agriculture, elles sont utilisées notamment pour garder les sols couverts, produire de la matière végétale, maintenir des racines vivantes et, selon les espèces, contribuer à la fertilité. Il n’est pas nécessaire de posséder un immense potager pour essayer : un grand bac, un gros pot, une petite plate-bande ou quelques mètres carrés de cour peuvent très bien faire l’affaire.</p><p>Sous la surface, les racines explorent le sol, contribuent à sa structure et interagissent avec une immense communauté de microorganismes. À la surface, les feuilles interceptent les gouttes de pluie et protègent le sol. Lorsque les plantes meurent, une partie de cette matière végétale retourne éventuellement au sol.</p><p>Certaines cultures de couverture, notamment les légumineuses comme les trèfles et les vesces, possèdent même la capacité de fixer l’azote atmosphérique grâce à leur association avec certaines bactéries. Bref, pendant que vous avez officiellement terminé de jardiner, votre sol, lui, continue de vivre et d’évoluer.</p><h2>Sur un balcon, on sème quoi?</h2><p>Sur un balcon, on garde ça simple. Pour une première expérience de fin de saison, je privilégie une culture qui pousse rapidement et qui ne vous donnera pas un problème supplémentaire à gérer au printemps.</p><p>L’avoine est particulièrement intéressante dans ce contexte. Semée suffisamment tôt, elle peut produire rapidement une couverture végétale et des racines. Elle ne survit généralement pas à l’hiver québécois, ce qui simplifie sa gestion au printemps. On peut laisser ses résidus protéger la surface pendant l’hiver, puis les retirer ou les gérer au printemps selon l’état du terreau.</p><p>Plus on sème tôt, mieux c’est. En septembre, la lumière et la chaleur diminuent rapidement. Vos haricots sont terminés? Semez. Vous avez retiré un plant de concombre? Semez. Votre voisin a finalement compris que son plant de courgettes ne produira plus rien? Dites-lui de semer aussi.</p><h2>Pas envie de semer? Couvrez</h2><p>Les cultures de couverture ne sont évidemment pas obligatoires. Si vous avez trois petits pots sur un balcon et aucune envie d’acheter un sac de semences pour jouer à l’agriculteur urbain, il existe une solution encore plus simple : couvrir le terreau.</p><h2>Et surtout, ne jetez pas votre terreau</h2><p>Voilà une habitude que j’aimerais voir disparaître : jeter le terreau une fois la saison terminée.</p><p>Un terreau utilisé pendant une saison n’est pas nécessairement un terreau fini. S’il n’y a pas eu de problème important de maladie, il peut généralement être conservé et réutilisé. Au printemps prochain, on pourra l’ameublir, ajouter de la matière organique au besoin et refaire une fertilisation adaptée aux cultures qu’on souhaite y installer.</p><p>Dans les gros bacs, il peut simplement y passer l’hiver. Avec les contenants plus petits, vérifiez si le pot lui-même résiste au gel et aux cycles de gel-dégel. Votre terreau a coûté cher. Gardez-le.</p><h2>Ne faites pas trop le ménage</h2><p>Dernière chose, résistez un peu à l’envie de tout arracher, couper et nettoyer dès que septembre arrive. Les fleurs qui continuent de fleurir peuvent encore être utiles aux insectes. Certaines tiges et certains débris végétaux peuvent aussi leur offrir des abris.</p><p>Évidemment, une plante malade doit être retirée. Inutile de conserver un problème. Mais votre balcon n’a pas besoin d’être stérile en vue de l’hiver. Un jardin peut être un peu moins propre et beaucoup plus vivant.</p><h2>Le jardinage de septembre, c’est celui de l’année prochaine</h2><p>Au printemps, on jardine surtout avec une idée en tête : récolter des tomates, des concombres, des fines herbes ou des fraises. Septembre nous permet de penser un peu différemment.</p><p>Semez quelques épinards dans le bac qui vient de se libérer. Protégez vos laitues pendant une nuit froide. Essayez une petite culture de couverture. Gardez votre terreau. Laissez quelques fleurs tranquilles.</p><p>Et si vous n’avez envie de rien faire de tout ça? C’est correct aussi. Rappelez-vous que le premier truc à faire pousser, c’est le plaisir. Avant de ranger définitivement votre arrosoir, jetez un dernier regard à vos pots. Votre saison de jardinage n’est peut-être pas terminée. Elle est peut-être simplement en train de préparer la prochaine.</p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Pierre-Antoine Gilbert</dc:creator>
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                                    <category>Environnement</category>
                                    <category>Plein air</category>
                                    <category>Plantes et jardinage</category>
                                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 11:22:42 -0400</pubDate>
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                <title>Voici ce que les partis ont promis aux familles (pour l’instant)</title>
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                <description>Les autobus sillonnent les routes du Québec à toute allure, les chefs de parti multiplient les poignées de main avec le « vrai monde » et engloutissent des poutines dégoulinantes. Mais entre une promenade dans un labyrinthe de maïs, un défilé au Festival du Bœuf et un autobus un peu trop incognito, que proposent réellement […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Les autobus sillonnent les routes du Québec à toute allure, les chefs de parti multiplient les poignées de main avec le «&nbsp;vrai monde&nbsp;» et engloutissent<a href="https://www.journaldequebec.com/2026/09/05/poutines-et-guerre-a-lauto-nos-clins-dil-de-campagne-de-la-semaine"> des poutines dégoulinantes</a>. Mais entre une promenade dans un labyrinthe de maïs, un défilé au Festival du Bœuf et un autobus un peu trop incognito, que proposent réellement les partis? Familles du Québec, nous voici à la mi-campagne : il est temps de faire le point sur ce que les partis ont à nous offrir.</p><p>Avant d’analyser tout ça, rappelons toutefois que les partis n’ont pas tous dévoilé une plateforme électorale complète. Certains présentent plutôt leurs engagements au compte-gouttes. C’est le cas notamment du PQ et de la CAQ, qui se gardent une petite gêne quant à leurs ambitions.</p><h4>Coalition Avenir Québec </h4><p><a href="https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/2026/08/28/plus-de-temps-et-plus-de-flexibilite-pour-les-familles-lequipe-frechette-bonifiera-le-rqap/" target="_blank" rel="noopener"><b>Bonifier le RQAP</b></a><b> : plus de temps pour les nouveaux parents</b></p><p>Pour les nouveaux parents, la CAQ promet notamment de bonifier le RQAP en ajoutant deux semaines au congé de paternité, en améliorant les prestations en cas de deuil périnatal et en prolongeant la période pendant laquelle les femmes à l’emploi du gouvernement du Québec peuvent racheter les années de service liées à leur régime de retraite après un congé parental. </p><p><a href="https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/2026/09/01/lequipe-christine-frechette-investira-davantage-dans-lavenir-de-nos-enfants/" target="_blank" rel="noopener"><b>1 000 $ pour les études</b></a><b> de chaque nouveau-né</b></p><p>Le gouvernement sortant propose aussi de verser 1 000 $ dans le REEE de chaque enfant né au Québec à compter de l’automne 2027. </p><p><a href="https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/2026/09/05/lequipe-frechette-ajoutera-encore-plus-de-places-en-garderie/" target="_blank" rel="noopener"><b>25 000 places </b></a><b>à tarif réduit pour les bambins</b></p><p>Un gouvernement caquiste s’engage à ajouter 25 000 places à tarif réduit d’ici 2030, à la fois en développant le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance et en convertissant des places existantes en places subventionnées. </p><p><b>Une aide bonifiée pour les </b><a href="https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/2026/09/07/lequipe-frechette-allegera-les-depenses-scolaires-des-familles/" target="_blank" rel="noopener"><b>enfants handicapés</b></a></p><p>Il bonifierait aussi les suppléments destinés aux familles ayant un enfant handicapé de 50 $ par mois. </p><p><b>Un coup de pouce pour les </b><a href="https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/2026/09/07/lequipe-frechette-allegera-les-depenses-scolaires-des-familles/" target="_blank" rel="noopener"><b>dépenses scolaires</b></a></p><p>Enfin, pour ce qui est de l’école, la CAQ promet une aide à la rentrée pouvant atteindre 250 $ par enfant ainsi qu’un crédit d’impôt couvrant jusqu’à 75 % des frais de garde scolaire. </p><h4>Parti Québécois</h4><p>Si la CAQ mise sur la bonification du RQAP, le PQ, lui, veut séduire les familles en leur promettant une maison. </p><p><a href="https://pq.org/nouvelles/le-parti-quebecois-presente-son-plan-dacces-a-la-propriete/" target="_blank" rel="noopener"><b>Coup de pouce pour les premiers acheteurs </b></a></p><p>Le Parti qui trône au sommet des intentions de vote propose de rembourser la TVQ sur l’achat d’une première habitation neuve ou sur une autoconstruction, jusqu’à concurrence de 45 000 $. Il ferait aussi passer de 1 400 $ à 3 000 $ le crédit d’impôt pour l’achat d’une première propriété. </p><p><b>Des sous pour les </b><a href="https://pq.org/nouvelles/le-parti-quebecois-presente-son-plan-pour-le-soutien-a-domicile-des-aines/" target="_blank" rel="noopener"><b>bi-générationnelles </b></a></p><p>Et si la maison devait éventuellement accueillir grand-maman ou grand-papa, le PQ propose une aide pouvant atteindre 10 000 $ pour la transformer en habitation intergénérationnelle.<a href="https://pq.org/nouvelles/le-parti-quebecois-va-detaxer-les-biens-et-les-voitures-usages-pour-retourner-des-milliers-de-dollars-dans-le-portefeuille-des-familles/"> </a></p><p><a href="https://pq.org/nouvelles/freiner-le-declin-de-la-natalite-un-gouvernement-du-parti-quebecois-va-agir-pour-que-chaque-projet-familial-desire-puisse-se-concretiser/" target="_blank" rel="noopener"><b>Freiner le déclin de la natalité </b></a></p><p>Le PQ veut aussi aider davantage les Québécois à concrétiser leur projet familial. Son plan prévoit la création de 10 000 nouvelles places en CPE en quatre ans, pour un total de 25 000 places supplémentaires d’ici 2030, ainsi qu’un supplément pouvant atteindre 700 $ pour un troisième ou un quatrième enfant. Le parti promet également de bonifier les prestations du RQAP, de prolonger leur période d’utilisation jusqu’à trois ans et d’accorder quatre semaines au deuxième parent lors d’un deuil périnatal. Il souhaite aussi rembourser les deuxième et troisième cycles de fécondation in vitro.</p><p><a href="https://pq.org/nouvelles/le-parti-quebecois-va-detaxer-les-biens-et-les-voitures-usages-pour-retourner-des-milliers-de-dollars-dans-le-portefeuille-des-familles/" target="_blank" rel="noopener"><b>Donner une deuxième vie aux biens… et un répit au portefeuille</b></a></p><p>Enfin, le parti promet d’abolir la TVQ sur les biens usagés, des voitures aux vêtements pour enfants, en passant par les électroménagers et les équipements sportifs. Selon le scénario présenté par le parti, une famille de deux jeunes enfants pourrait ainsi économiser jusqu’à 3 000 $.</p><h4>Parti libéral du Québec </h4><p><b>Injections de ressources </b><a href="https://plq.org/communique/le-parti-liberal-du-quebec-veut-ajouter-1-000-ressources-specialisees-dans-les-ecoles/" target="_blank" rel="noopener"><b>dans le réseau de l’éducation</b></a></p><p>Le Parti libéral, lui, cherche surtout à gagner le cœur des parents par la porte de l’école. Sa principale promesse consiste à ajouter 1 000 ressources spécialisées dans les écoles publiques dès l’année scolaire 2027-2028, dont des orthopédagogues, des psychoéducateurs, des psychologues, des orthophonistes et des techniciens en éducation spécialisée. </p><p>Le PLQ promet aussi de tenir des États généraux sur l’éducation dans les 100 premiers jours de son mandat. </p><p><a href="https://plq.org/communique/plan-habitation-du-parti-liberal-du-quebec-15-g-dinvestissements-pour-40-000-logements-sociaux-et-abordables-supplementaires/" target="_blank" rel="noopener"><b>40 000 logements sociaux </b></a><b>et des sous pour les </b><a href="https://plq.org/communique/pour-augmenter-loffre-de-logements-le-plq-propose-un-remboursement-de-la-tvq-sur-la-construction-dune-habitation-neuve/" target="_blank" rel="noopener"><b>nouveaux acheteurs</b></a></p><p>En matière de logement, le PLQ propose un remboursement pouvant atteindre 10 000 $ sur la TVQ payée à l’achat d’une maison ou d’un condo neuf d’une valeur maximale de 500 000 $ et souhaite ajouter 40 000 logements sociaux et abordables en cinq ans.</p><p><a href="https://www.journaldequebec.com/2026/09/14/en-direct--quebec-2026-voici-ce-qui-attend-les-chefs-aujourdhui" target="_blank" rel="noopener"><b>Du temps et des places pour les jeunes familles</b></a></p><p>Le PLQ promet également d’ajouter deux semaines au RQAP et d’accorder quatre semaines au père en cas de deuil périnatal. Il s’engage aussi à créer 5 000 nouvelles places en CPE au cours des cinq prochaines années et à convertir 10 000 places existantes en places subventionnées.</p><h4>Québec solidaire </h4><p>De son côté, Québec solidaire mise moins sur les chèques que sur une prise en charge collective des dépenses familiales.</p><p><a href="https://cdn.prod.website-files.com/6a58006e8d06c0d8d7cc521d/6a9c07ae1aa790d59dc5ccee_Cestpossible_PlateformeQs2026-WEB.pdf" target="_blank" rel="noopener"><b>La gratuité scolaire et dentaire</b></a></p><p>Le parti promet un programme universel d’alimentation scolaire qui offrira des repas sains et gratuits aux élèves du primaire et du secondaire, ainsi que la gratuité scolaire graduelle du primaire à l’université. </p><p>Il promet aussi des soins dentaires et de la vue gratuits pour les moins de 18 ans.</p><p><b>Soutenir les familles dès la </b><a href="https://cdn.prod.website-files.com/6a58006e8d06c0d8d7cc521d/6a9c07ae1aa790d59dc5ccee_Cestpossible_PlateformeQs2026-WEB.pdf" target="_blank" rel="noopener"><b>petite enfance</b></a></p><p>QS souhaite également créer de nouvelles places en CPE en fonction des besoins de chaque localité et bonifier les prestations du RQAP réservées au deuxième parent, sans toutefois préciser l’ampleur de ces deux mesures.</p><p><a href="https://cdn.prod.website-files.com/6a58006e8d06c0d8d7cc521d/6a9c07ae1aa790d59dc5ccee_Cestpossible_PlateformeQs2026-WEB.pdf" target="_blank" rel="noopener"><b>æFaciliter l’accès à un toit</b></a></p><p>En matière d’habitation, QS propose un prêt pouvant atteindre 50 000 $ pour la mise de fonds des premiers acheteurs, la création de 2 000 propriétés vendues 25 % sous le prix du marché et un contrôle plus serré des loyers. Son cadre financier, présenté le 11 septembre dernier, prévoit par ailleurs 11,8 milliards de dollars sur quatre ans pour l’habitation, notamment afin de bâtir 50 000 logements sociaux et communautaires.</p><p><a href="https://cdn.prod.website-files.com/6a58006e8d06c0d8d7cc521d/6a9c07ae1aa790d59dc5ccee_Cestpossible_PlateformeQs2026-WEB.pdf" target="_blank" rel="noopener"><b>Faire contribuer les grandes fortunes</b></a></p><p>Pour financer de tels engagements et renforcer les services publics, le parti compte notamment imposer la fortune des ménages possédant plus de 25 millions de dollars, une mesure qui rapporterait, selon ses propres estimations, cinq milliards de dollars par année.</p><h4>Parti conservateur du Québec </h4><p>Fidèle à sa vision libertarienne, l<a href="https://conservateur.quebec/" target="_blank" rel="noopener">e PCQ </a>préfère mettre l’argent entre les mains des parents et leur laisser davantage de latitude dans leurs choix. </p><p><b>De l’argent dans les poches des parents</b></p><p>Le parti propose une allocation imposable de 100 $ par semaine par enfant, jusqu’à concurrence de 5 200 $ par année, aux familles qui n’ont pas de place subventionnée et qui ne réclament pas le crédit d’impôt pour frais de garde. Il promet également de bonifier ce crédit pour rendre les garderies non subventionnées plus abordables. </p><p><b>Décentraliser le réseau de l’éducation</b></p><p>Le parti entend également décentraliser le réseau de l’éducation, réduire les tâches administratives des enseignants et défendre le droit des parents de choisir l’école de leur enfant, publique ou privée.</p><h4>Le futur n’est pas que crédits d’impôt et places en garderies</h4><p>Peu importe le parti, prendre soin des familles ne se résume pas aux prestations parentales, aux places en garderie ou aux crédits d’impôt. </p><p>C’est aussi leur garantir des soins de première ligne accessibles, une école publique en santé et un avenir qui ne sera pas constamment menacé par les changements climatiques. Même si vous en avez assez d’entendre parler de politique, ne laissez pas le cynisme parler à votre place : informez-vous, faites entendre votre voix et allez voter. Après tout, pouvoir choisir la société dans laquelle grandiront nos enfants demeure un grand privilège. </p><p class="p1"><b><i>Tous les jeudis, Mollo vous envoie une infolettre remplie de contenus informatifs, amusants et décomplexants remplie de contenus inclusifs et instructifs qui devraient vous aider à prendre votre parentalité à la légère… et au sérieux en même temps. </i></b><a href="https://urbania.ca/mollo/abonnement"><b><i>Abonnez-vous juste ici!</i></b><b><i></i></b></a></p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Claude Bastien</dc:creator>
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                                <pubDate>Tue, 22 Sep 2026 11:26:47 -0400</pubDate>
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                <title>ODébrief : Dur, dur d’être Billy!</title>
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                <description>Une minute de silence pour Alexa, ma queen, qui a été éliminée cette semaine. J’espère qu’elle trouvera son husband et ne sera plus jamais coincée dans une situation qui la poussera à dire : « J’suis bored ! ». Autrement, quatre nouveaux gars ont fait leur entrée dans les maisons, amenant avec eux un vent de fraîcheur et de […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Une minute de silence pour Alexa, ma <i>queen</i>, qui a été éliminée cette semaine. J’espère qu’elle trouvera son <i>husband </i>et ne sera plus jamais coincée dans une situation qui la poussera à dire : «&nbsp;J’suis <em>bored </em>!&nbsp;».</p><p>Autrement, quatre nouveaux gars ont fait leur entrée dans les maisons, amenant avec eux un vent de fraîcheur et de légèreté dont on avait bien besoin. </p><p>Billy, lui, continue d’être un gros bébé lala qui boude à la moindre contrariété. </p><p>De son côté, Jacob vit sa <i>best life</i> en voyage avec Rébecca, qui a droit à une deuxième chance (contrairement à Alexa, bouhou !).</p><h4>Je vous souhaite la bienvenue à ce nouvel ODébrief !</h4><p>1— L’épisode s’ouvre sur le «&nbsp;party podcast&nbsp;». Je ne suis pas certaine du bien-fondé de ce thème, mais je m’efforce de demeurer ouverte. Je ne suis pas non plus certaine de la pertinence de donner un micro à certain.e.s des candidat.e.s de cette année, mais bon…</p><p>2— Billy et Amélie ne savent pas ce que signifie le «&nbsp;fruit défendu&nbsp;». Ils étaient clairement inscrits en morale au secondaire. Adam et Ève, le Jardin d’Éden, la pomme, le serpent… Non ? D’ailleurs, parlant de péché capital, j’ai bien peur que le soi-disant intérêt de Billy envers Amé ne soit qu’un moyen de rendre Emma jalouse et ça m’agace. </p><p>3— Brian admet à Sab que ça le gosse qu’elle ait choisi Alexis pour partir en activité plutôt que lui. Le «&nbsp;roi du camping&nbsp;» est convaincu qu’elle cherchait à se venger. Pourquoi tant de candidat.e.s perçoivent-ils de la vengeance partout cette année ? Ça va faire, les théories du complot !</p><p>4— «&nbsp;J’aime vraiment ta <i>vibe </i>», affirme Brian.<br /> «&nbsp;Merci, c’est un beau compliment&nbsp;», réplique Sabrina, le plus sérieusement du monde. Comment ça, un beau compliment ? C’est littéralement la phrase la plus galvaudée de la télé-réalité. Les standards sont bas…</p><p>5— La première moitié du «&nbsp;party podcast&nbsp;» est aussi excitante qu’un traitement de canal. Je le souligne à nouveau cette semaine, les candidat.e.s sont à cran et la chimie n’est pas tellement au rendez-vous. J’ai l’impression d’assister à des interrogatoires ou à des entretiens d’embauche plutôt qu’à des <i>dates. </i></p><p>6— Enfin, les quatre nouveaux gars font leur entrée et renouvellent complètement l’énergie dans la maison. </p><p>7— Oh ! Enzo et Emma qui <i>vibent </i>? Je ne l’avais pas vue venir, celle-là. Seul <i>ick </i>: Enzo complimente Emma, qui sourit et accueille ses beaux mots. Le candidat français ajoute qu’il n’aurait pas dû, de peur qu’elle s’enfle la tête. Ça me gosse !</p><p>8— Parlant d’Emma, elle n’en revient toujours pas de ne pas avoir été choisie par Billy pour le party. Je continue d’être agacée par l’attitude rancunière des candidat.e.s cette saison. Et je dis ça en tant que Scorpion qui n’a toujours pas pardonné à Karim d’avoir <i>gaslighté</i> Karine d’<i>OD Bali</i>. </p><p>9— Oh<i> my god</i>, la gang ! Funky-Lexis est bisexuel ! J’ADORE ! Sauf erreur de ma part, c’est la première fois qu’on a un candidat masculin ouvertement <i>queer </i>et je m’en réjouis. </p><p>10— Dans le confessionnal, Alexis devient émotif et remercie ses parents d’avoir élevé «&nbsp;un bon petit gars&nbsp;». J’aime beaucoup ce candidat. Il me fait du bien. </p><p>11— Le party est maintenant terminé et je suis mitigée. Je trouve qu’en général, l’énergie n’est pas fluide, que la <i>vibe</i> n’est pas super et que les candidat.e.s ne <i>flirtent</i> pas beaucoup. </p><h4>Attends deux secondes : dating 101</h4><p>Je me demande si on n’assiste pas, cette saison, à un phénomène qui dépasse les candidat.e.s : le dating contemporain qui devient de plus en plus laborieux. </p><p>C’est comme si on voyait concrètement que les jeunes ont de plus en plus de difficulté à flirter en personne, à établir des connexions sans passer par les codes du dating en ligne, et que le moindre petit détail (porter des sandales, manger son cœur de pomme, etc.) peut rapidement donner le «&nbsp;ick&nbsp;». </p><p>En parallèle, on sent aussi <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/les-jeunes-de-droite-et-de-gauche/vers-une-nouvelle-guerre-des-sexes/2026-05-10/clivage-gauche-droite/comment-reconcilier-les-jeunes.php" target="_blank" rel="noopener">ce fameux fossé idéologique qui se creuse entre les gars et les filles.</a> D’un côté, certains gars semblent encore chercher une dynamique assez traditionnelle. Billy, qui dit carrément chercher sa «&nbsp;bonne petite femme qui cuisine bien&nbsp;», en est un bon exemple. De l’autre, les filles répètent constamment que «&nbsp;les gars l’ont facile&nbsp;» et semblent avoir une petite dent contre eux. </p><p>Chose certaine, j’ai rarement vu des candidat.e.s aussi gossés, à cran et constamment sur la défensive. On dirait qu’ils sont tous arrivés avec leur garde levée, comme s’ils cherchaient davantage à se protéger qu’à tomber amoureux.</p><p>Curieuse de savoir ce que vous pensez de cette théorie. </p><p>12— Enzo, l’intello du groupe, emploie le mot «&nbsp;quiproquo&nbsp;» pour la deuxième fois ce soir. Un quiproQUOI ? Malheureusement, ce terme n’est pas dans le vocabulaire des candidat.e.s. Comme le dit Tommy Néron : «&nbsp;Tu te prends pour qui, un Bescherelle ?&nbsp;».</p><p>13— Débrief chez les gars. Brian, le citoyen du monde, n’est toujours intéressé par aucune fille. Personnellement, c’est lui que j’éliminerais et que je renverrais dans sa maudite van pleine de sable. </p><p>14— Du côté des filles, Alexandrie remporte l’activité de surf et choisit Mathieu pour l’accompagner. Le papa a peut-être un peu <i>overreact</i>…</p><p>15— Dans la cuisine, Alexis et Billy se racontent leur été. Alexis est allé au festival LASSO et à la Fierté. </p><h4>Attends deux secondes : Alexis est «&nbsp;funky&nbsp;»<br /> </h4><p>Billy : Tu joues dans les deux équipes, toi ?</p><p>Alexis : Ouais. Mais pas 50/50, ça reste un loisir. […] Je ne veux pas que ça change ta perspective de moi.</p><p>Billy : Que tu sois aux hommes ou aux femmes, tu vas rester mon chum,<i> big</i>. Ça ne change absolument rien. Inquiète-toi pas, mon <i>bro </i>!</p><p>Je suis soufflée par cette conversation !</p><p>Oui, oui, on vient bel et bien d’assister à un <i>coming out </i>entre <i>bros</i>. Les confidences d’Alexis offrent un moment de télé à la fois inspirant et décomplexé, d’autant plus qu’on voit encore trop peu de modèles positifs de bisexualité à l’écran, encore moins des modèles masculins.</p><p>J’aime surtout le naturel avec lequel Alexis parle de son orientation à Billy. Pas de grand moment dramatique ni d’explications interminables : Alexis partage simplement une partie de son identité. Et j’adore le calme et l’ouverture avec lesquels Billy reçoit cette confidence, sans en faire tout un plat et, surtout, sans jamais remettre en question la masculinité de son <i>boy</i>.</p><p>C’est d’autant plus puissant, puisque beaucoup de personnes traînent encore l’idée qu’un homme qui désire sexuellement d’autres hommes serait moins viril. </p><p>C’est exactement le genre de représentation que j’aimerais voir plus souvent à l’écran : une conversation sur l’orientation sexuelle qui n’est ni honteuse, ni tragique, ni sensationnaliste. Juste deux gars qui se parlent. Maintenant, j’espère que les filles (Zhara, notamment) recevront à leur tour cette confidence avec la même ouverture.</p><p>16— Assis sur la plage, Alexandrie et Mathieu discutent après l’activité de surf. Le ferblantier propose à sa <i>date</i> de l’embrasser (comme ce fut le cas plus tôt cette semaine), mais celle-ci refuse, question de laisser monter la tension. «&nbsp;Tu l’as eu facile jusqu’à maintenant&nbsp;», considère-t-elle. «&nbsp;Je ne suis pas un gars qui aime se faire dire non dans la vie&nbsp;», déclare plus tard Mathieu en entrevue. </p><h4>Attends deux secondes : RED FLAG ! </h4><p>Mathieu a le droit d’être déçu qu’Alexandrie refuse de l’embrasser et il ne s’en cache pas. Mais ce qui semble surtout le froisser, c’est de se faire dire non publiquement, devant le Québec au complet. C’est son orgueil qui en prend un coup, quoi !</p><p>Pour ma part, c’est surtout le : «&nbsp;Je ne suis pas un gars qui aime se faire dire non&nbsp;», qui m’a fait tiquer. Mathieu, en amour comme ailleurs, on doit être capable d’entendre «&nbsp;non&nbsp;». Ça fait partie de la <i>game. </i></p><p>C’est aussi ça, le consentement : recevoir un refus sans le vivre comme une offense. Et pour être claire, ce n’est pas le fait que Mathieu soit déçu qui me préoccupe, c’est humain après un rejet. C’est plutôt la façon dont son ego semble entrer en collision avec le refus légitime d’Alexandrie qui me fait sourciller. </p><p>Après tout, Alexandrie n’a rien fait de mal. Elle établit simplement une limite et a le droit de le faire sans avoir à se justifier davantage. </p><p>17— Retrouvons Jacob et Rébecca à la Barbade. Entre eux, le courant passe. Les tourtereaux ont même la chance de passer la nuit dans la maison d’enfance de Rihanna. <i>Shout out</i> à l’équipe de recherche d’OD, c’est vraiment une belle trouvaille touristique !</p><p>18— Nous avons officiellement droit au premier <i>french</i> de la saison, si on ne compte pas les bisous donnés dans le cadre d’un jeu. Comme le dit Jacob, il s’agit du «&nbsp;premier <i>french</i> organique&nbsp;».</p><p>19— Rébecca promet d’inclure la mention : «&nbsp;J’ai <i>frenché</i> dans le lit de Rihanna&nbsp;», dans son CV. Je l’avoue, si j’avais moi-même <i>frenché</i> dans le lit de Rihanna, je le crierais aussi sur tous les toits. </p><p>20— De retour de voyage, Rébecca annonce aux filles que cette semaine, c’est un gars qui devra faire ses valises. «&nbsp;Enfin ! On avait hâte d’avoir du pouvoir&nbsp;», lâche Alexandrie. J’abonde dans le même sens. Depuis le début de la saison, toutes les décisions importantes se sont retrouvées entre les mains des gars. Il est donc temps que ce soit au tour des filles d’avoir un impact sur la <i>game. </i></p><p>21— Les gars de la première cohorte doivent mettre l’un des leurs en danger. Brian se porte volontaire, et je suis d’accord. Il a entièrement sa place dans l’enveloppe, vu son absence d’intérêt pour les filles. </p><p>22— Combat de coqs entre Brian et Billy. Billy, monsieur <i>entitled</i>, s’exclut d’office des options. Ce n’est pas à lui de partir, croit-il. «&nbsp;Je pense à tout le monde depuis le début, là, je vais penser à moi&nbsp;», ajoute-t-il, en guise de justification. Hein ? Mais de quoi il parle ?</p><p>23— Je ne pensais jamais dire ça, mais je suis TEAM BRIAN. Je suis contente qu’il <i>call </i>la <i>bullshit</i> de Billy et qu’il mette en lumière le fait qu’il se victimise. </p><p>24— Du côté des nouveaux gars, Alexis est prêt à se sacrifier. «&nbsp;NOOOOOON!&nbsp;», que je crie devant mon écran. Si on était à <i>Big Brother Célébrité</i>, on qualifierait Alexis de «&nbsp;pion&nbsp;». Si mon <i>king</i> prend le chemin de la maison des exclus, je fais une crise de nerfs. J’ai déjà perdu Alexa, laissez-moi Alexis, <i>pretty please.</i></p><p>25— Coup de théâtre au Panama : ce sont deux nouvelles candidates, Émilie et Alanna, qui devront trancher et éliminer un garçon. </p><p>26— Enfer et damnation : il faut attendre lundi pour connaître leur décision. Je sais que c’est pas recommandé, mais ce soir, je vais me coucher fâchée. </p><p>Permettez-moi d’être honnête : je suis déçue que ce soit aux nouvelles filles d’éliminer un gars, tout comme la semaine dernière, j’étais agacée que les nouveaux gars aient le pouvoir d’éliminer une fille. </p><p>À quoi ça sert d’établir des connexions, de prendre le temps d’apprendre à se connaître et de bâtir des liens si, au final, ce sont des personnes qui viennent tout juste d’arriver et qui n’ont pratiquement aucun historique avec les candidat.e.s qui décident de leur sort ? </p><p>Je comprends l’intérêt de faire entrer du sang neuf et de brasser les cartes, mais je trouve que donner autant de pouvoir aux nouveaux et nouvelles oriente le jeu d’une drôle de manière. Ça vient presque court-circuiter le processus de séduction. </p><p>Les candidat.e.s déjà en place investissent du temps et de l’énergie dans leurs connexions, tandis que les nouveaux arrivent avec un pouvoir disproportionné par rapport aux liens qu’ils ont eu le temps de créer. Surtout, ça donne l’impression que les connexions établies comptent moins que le moment où les candidat.e.s arrivent dans l’aventure. </p><p>J’ai envie que les participant.e.s soient éliminé.e.s parce qu’ils.elles ont échoué à créer des liens, pas simplement parce qu’ils n’ont pas su faire une bonne première impression auprès d’un.e nouveau.elle venu.e.</p><p>Sur ce <i>rent</i>, je vous souhaite une belle semaine. </p><p>Bisous xoxo</p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Laïma A. Gérald</dc:creator>
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                                    <category>Écrans</category>
                                    <category>URBANIA</category>
                                <pubDate>Mon, 21 Sep 2026 17:17:56 -0400</pubDate>
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                <title>Colin Stetson : la discrète fierté montréalaise</title>
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                <description>Il n’y a pas si longtemps, Montréal était une plaque tournante pour les artistes émergents.  Grâce à l’influence de groupes comme Arcade Fire, Godspeed You ! Black Emperor, Chromeo, Wolf Parade et Islands, une génération entière de jeunes artistes ont convergé vers notre métropole pour vivre son effervescence créative et plusieurs d’entre eux sont restés. Des […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Il n’y a pas si longtemps, Montréal était une plaque tournante pour les artistes émergents. </p><p>Grâce à l’influence de groupes comme Arcade Fire, Godspeed You ! Black Emperor, Chromeo, Wolf Parade et Islands, une génération entière de jeunes artistes ont convergé vers notre métropole pour vivre son effervescence créative et plusieurs d’entre eux sont restés. Des artistes comme Colin Stetson, saxophoniste originaire du Michigan, qui vit à Montréal depuis maintenant presque vingt ans. </p><p>Colin qui ? Vous avez regardé<i> Hereditary </i>? <i>Color Out of Space? </i>Le documentaire Netflix sur Martha Stewart ? La série <i>Something Very Bad Is Going to Happen </i>? Vous avez écouté l’album de Tom Waits <i>Blood Money </i>? <i>Neon Bible</i>, <i>The Suburbs </i>et <i>Reflektor </i>d’Arcade Fire ? Bon Iver, Animal Collective, Timber Timbre ? Partout, sur la musique contemporaine, on retrouve l’empreinte du saxophone de Colin Stetson.</p><p>Si cet instrument que l’on croyait réservé au jazz et aux chansons de Bruce Springsteen qui ont mal vieilli a désormais atteint un public plus varié, c’est en partie grâce à lui.</p><p>De passage au Théâtre Outremont pour le lancement de son album collaboratif <i>All the Light in the World </i>avec la joueuse de cornemuse Brìghde Chaimbeul, ils ont pris quelques minutes pour jaser de la résurgence de leurs instruments respectifs dans la culture populaire.</p><h4>L’art de manufacturer de beaux accidents</h4><p>«&nbsp;L’important quand on collabore, comme dans n’importe quel projet, c’est de bien choisir en amont de qui on s’entoure&nbsp;», philosophe Stetson, qui en est à son cinquième projet en 2026. «&nbsp;Si quelqu’un a des idées arrêtées sur comment faire de la musique, ça ne m’intéresse pas de travailler avec. La collaboration avec Brìghde était naturelle parce qu’on a créé dans le moment. On voulait faire quelque chose qui n’existait pas.&nbsp;» </p><p>Le saxophone et la cornemuse sont deux instruments ancrés dans une approche plus traditionnelle de la musique, un paradigme duquel les deux artistes ont dû apprendre à se défaire. Dès l’adolescence, Colin s’amusait à apprendre les solos de Jimi Hendrix sur son propre instrument et à expérimenter avec la multiphonie. Le parcours de Brìghde a été un peu plus long. «&nbsp;Le monde de la cornemuse tient à ses traditions. C’est difficile, même, de penser en dehors. C’est au fil du temps que j’ai commencé à expérimenter. Il n’y a pas eu de moments précis&nbsp;», révèle-t-elle.</p><p>Colin et Brìghde se sont rencontrés en 2019 et en sont à leur cinquième collaboration. C’est un ami commun qui les a présentés, le violoniste Aidan O’Rourke. Ils ont composé ensemble en une semaine <i>All the Light in the World</i>, en janvier dernier, à Montréal. «&nbsp;La neige tombait tout doucement. C’était une période hyper tranquille et inspirante&nbsp;», se remémore Brìghde.</p><p>Le compositeur abonde dans le même sens. «&nbsp;On a juste pris le temps de faire quelque chose sans avoir d’attentes à savoir ce que ce serait au juste. Ça a donné un album un peu festif, mais un peu triste aussi. Un peu comme lorsqu’on laisse quelque chose derrière pour essayer quelque chose de nouveau.&nbsp;» </p><h4>Tout faire, tout le temps</h4><p>C’est en 2011 que Colin Stetson commence à composer des bandes originales de film. Sur une invitation du réalisateur français Alexandre Moors, il signe la musique du film <i>Blue Caprice</i>, sur les tireurs qui ont terrorisé Washington DC en 2002. </p><p>Il accepte, même s’il était alors au beau milieu d’une tournée. Pour lui, c’était un projet comme un autre. Colin Stetson fait de la musique comme il l’entend et ne catégorise pas nécessairement ses projets en fonction de leur usage. «&nbsp;La chose la plus importante, lorsque vient le temps de dire oui ou non à un film, c’est encore une fois de choisir à quoi je dis “oui”. Je veux travailler sur des films que j’ai pas déjà vus et avec des réalisateurs qui veulent que j’y aille à fond et que je leur fournisse quelque chose qu’eux aussi, n’ont jamais entendu.&nbsp;»</p><p>Les projets se sont enchaînés par eux-mêmes et se sont greffés à l’horaire de travail de Colin, qui préfère s’y vouer lorsqu’il n’est pas en tournée. Son travail sur <i>Hereditary</i> a bien sûr fait tourner plusieurs têtes, mais aussi sur une nouvelle adaptation de <i>Texas Chainsaw Massacre </i>parue en 2022, <i>The Menu</i> en 2023 et l’adaptation du manga d’horreur <i>Uzumaki</i>. </p><p>S’il est aussi productif et apte à jongler avec toutes sortes de projets, c’est parce que la musique est une vocation à laquelle se voue Colin depuis 1991, peu importe le temps ou l’effort qu’elle exige ni le revenu qu’elle produit. Depuis 1999, il enregistre en solo ou en soutien à des musiciens de renom. Pour lui, le succès, c’est de continuer à créer, de transcender les barrières qu’on se met nous-mêmes et de continuer de repousser les possibilités de son instrument. </p><p>«&nbsp;Très tôt dans ma carrière, on m’avait engagé pour jouer au sanctuaire de Saint François d’Assise, à San Francisco. Je jouais tout seul dans ce magnifique espace et les moines sont venus me voir après pour me dire à quel point [ma performance] les avait touchés. Je ne suis pas une personne religieuse, mais j’ai un grand respect pour les espaces spirituels. Pour moi, ça représente un succès au même titre qu’un autre. C’est une autre occasion de connecter avec mon saxophone comme je peux le faire avec un film d’horreur ou un documentaire sur la NASA&nbsp;», explique Colin.</p><p>Après la courte tournée promotionnelle pour <i>All the Light in the World</i>, Colin a l’intention de rentrer chez lui et de jouer du saxophone. Si sa musique rayonne plus que lui, c’est par choix. Ce qui l’intéresse, c’est jouer de la musique. Le succès et la fierté sont les fruits d’une passion et d’un dévouement total.</p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Benoît Lelièvre</dc:creator>
                                                                  <enclosure url="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Design-sans-titre-2.jpg" length="0" type="image/jpeg" />
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                                    <category>Musique</category>
                                    <category>URBANIA</category>
                                <pubDate>Mon, 21 Sep 2026 14:20:50 -0400</pubDate>
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                <title>Les jeunes en région et la politique | Roadtrip électoral</title>
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                <description>JOUR 6 – RETOUR AU CÉGEP Dernier arrêt dans le Bas-Saint-Laurent, pour jaser avec des jeunes du cégep La Pocatière.
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                <content:encoded><![CDATA[<p>JOUR 6 – RETOUR AU CÉGEP</p><p>Dernier arrêt dans le Bas-Saint-Laurent, pour jaser avec des jeunes du cégep La Pocatière.</p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Hugo Meunier</dc:creator>
                                                                  <enclosure url="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/YT-6.png" length="0" type="image/png" />
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                                <pubDate>Sat, 19 Sep 2026 09:25:32 -0400</pubDate>
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                <title>Musulmans en région face aux élections</title>
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                <description>Au McDo du boulevard des Forges, à Trois-Rivières, les roulottes remplissent le stationnement. Une dernière escale avant de reprendre leur migration vers le Festival Western de Saint-Tite. À l’intérieur, les chapeaux de cowboy attendent leur trio, les yeux rivés sur leur cell. Derrière le comptoir, une bonne partie de l’équipe est composée de femmes issues […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Au McDo du boulevard des Forges, à Trois-Rivières, les roulottes remplissent le stationnement. Une dernière escale avant de reprendre leur migration vers le Festival Western de Saint-Tite. À l’intérieur, les chapeaux de cowboy attendent leur trio, les yeux rivés sur leur cell. Derrière le comptoir, une bonne partie de l’équipe est composée de femmes issues de l’immigration, la plupart voilées.</p><p>Deux Québec se croisent autour des frites sans nécessairement se regarder. En période électorale, pourtant, ils finissent inévitablement par parler l’un de l’autre.</p><p>C’est de ce croisement que je suis venu parler. Plus précisément, des musulmans qui vivent en région, loin du centre habituel des débats sur la diversité, sans pour autant y échapper. Immigration, intégration, laïcité, «&nbsp;capacité d’accueil&nbsp;» : à chaque campagne, les mêmes mots reviennent, et avec eux la vieille frontière entre «&nbsp;eux&nbsp;» et «&nbsp;nous&nbsp;».</p><p>Mais qui leur demande ce qu’ils en pensent ?</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/mm_7-600x401.jpg" /><figcaption>Photo&nbsp;: Jean Bourbeau, URBANIA</figcaption></figure><p>On me donne rendez-vous au Centre culturel islamique de la Mauricie. Nichée dans un quartier industriel, la mosquée est un lieu de prière, bien sûr, mais pas seulement. En région, elle sert aussi de point d’ancrage : on s’y retrouve, on échange des nouvelles, on parle du travail, des enfants à l’école, des petits problèmes du quotidien et, ces jours-ci forcément, de politique.</p><p>Autour de la table, ils sont trois.</p><p>Natif d’Algérie, Abdelhamid Hazem a quitté Montréal il y a dix ans pour la Mauricie, attiré par un emploi, puis retenu par quelque chose de beaucoup plus simple : la tranquillité. «&nbsp;Une fois que j’ai goûté à ça, je ne pouvais plus retourner à Montréal.&nbsp;»</p><p>Saïf-Eddine Bouhlel a fait un chemin semblable. Arrivé de Tunisie en 2003, il passe d’abord par Montréal, puis vient étudier en génie mécanique à l’UQTR. Il n’est jamais reparti.</p><p>Chiraz Tafticht, elle, n’a pratiquement connu que la Mauricie. Elle avait deux ans lorsqu’elle est arrivée à Trois-Rivières. Elle en a 24 aujourd’hui. «&nbsp;C’est ma ville&nbsp;», dit-elle. Trifluvienne, tout simplement.</p><p>Autour de la table, deux générations. Celle qui a choisi Trois-Rivières et celle qui y a grandi.</p><p>Les filles de Saïf et d’Abdelhamid commencent pourtant à regarder dans l’autre direction, vers Montréal, attirées notamment par sa diversité. Chiraz connaît bien cet appel. À l’école, elle était l’une des rares personnes issues de l’immigration dans ses classes. Vingt ans plus tard, elle a vu Trois-Rivières changer, sa communauté prendre racine et une nouvelle génération naître ici.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/MM_4-600x400.jpeg" /><figcaption>Photo&nbsp;: Jean Bourbeau, URBANIA</figcaption></figure><p>Après 23 ans au Québec, Saif se reconnaît de moins en moins dans la seule étiquette d’immigrant. Sa famille est ici, ses enfants y ont grandi, ses voisins sont devenus des amis. «&nbsp;Je me considère comme Québécois.&nbsp;»</p><p>Ce qui l’agace, c’est qu’à l’approche des élections, cette évidence semble soudain redevenir discutable.</p><p>«&nbsp;Pendant quatre ans, tout va bien. Puis, en période électorale, on devient tout à coup des sujets de controverse.&nbsp;»</p><p>Chiraz décrit un malaise semblable. Elle s’est toujours sentie à la fois Québécoise, Algérienne et musulmane, sans voir de contradiction entre ces identités. «&nbsp;Ce que je trouve difficile, c’est que les périodes électorales les mettent souvent en affrontement.&nbsp;»</p><p>Pour ceux qui ont grandi ici, qui parlent avec l’accent du coin et qui n’ont jamais connu d’autre pays, le retour des urnes semble aussi ramener une vieille question : êtes-vous vraiment d’ici ?</p><p>Et pourtant, Chiraz ne rejette pas le débat sur l’immigration. Au contraire. Elle tient à distinguer les enjeux réels de leur instrumentalisation. Ajuster les arrivées à la capacité des écoles, des hôpitaux, du marché du logement ou des autres services publics lui paraît légitime.</p><p>Un moratoire ne choquerait pas Saïf si le Québec n’avait réellement plus les moyens d’accueillir correctement ceux qu’il fait venir. Ce qui le choque, c’est l’incohérence. Recruter des travailleurs à l’étranger, puis leur annoncer quelques années plus tard qu’on n’a finalement plus besoin d’eux. «&nbsp;Ce sont des humains que vous amenez.&nbsp;»</p><p>Des gens qui ont quitté un emploi, une maison, parfois un pays entier sur la foi d’une promesse.</p><p>Pour les trois, l’insistance sur les questions identitaires repose souvent sur le même ressort politique. À leurs yeux, agiter le spectre de l’immigrant qui menace la langue ou engorge les services permet de créer une émotion immédiate, tout en détournant l’attention des problèmes structurels.</p><p>«&nbsp;Quand on fait peur aux gens, souligne Abdelhamid, ils ne réfléchissent plus aux vraies solutions, ils cherchent juste à se protéger.&nbsp;»</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/MM_2-600x400.jpeg" /><figcaption>Photo&nbsp;: Jean Bourbeau, URBANIA</figcaption></figure><p>À Trois-Rivières, Chiraz estime que l’intégration se passe généralement bien. Les difficultés existent néanmoins et, comme ailleurs dans la province, les nouveaux arrivants s’y heurtent : sous-financement du communautaire, crise du logement, reconnaissance des diplômes, décalage entre les promesses faites avant le départ et la réalité qui les attend ici.</p><p>Mais, entre ce qu’elle entend dans le débat public et ce qu’elle vit comme jeune femme en Mauricie, Chiraz voit surtout un fossé.</p><p>À ses yeux, certains discours politiques repoussent tranquillement la limite de ce qu’on se permet de dire. Elle le ressent jusque dans son travail en santé, où certains patients abordent soudain avec elle des sujets qu’ils éviteraient probablement en temps normal.</p><p>Dans certaines municipalités autour de Trois-Rivières, poursuit-elle, les occasions de côtoyer des personnes d’autres cultures ou religions demeurent rares. L’image qu’on s’en fait passe alors parfois davantage par la télévision, les réseaux sociaux ou les débats politiques que par le voisin d’en face.</p><p>Le contact humain, lui, est souvent beaucoup moins spectaculaire.</p><p>Après une vingtaine d’années à Trois-Rivières sans incident du genre, Chiraz affirme avoir reçu récemment ses premiers commentaires déplacés sur son voile. Difficile d’en désigner une cause précise, mais elle y voit un signe que certaines paroles trouvent aujourd’hui plus facilement leur chemin jusqu’à elle.</p><p>Entre les murs où nous discutons, le malaise n’est pas qu’une abstraction. En juin dernier, le Centre culturel a été vandalisé durant la nuit.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/MM_3-600x400.jpeg" /><figcaption>Photo&nbsp;: Jean Bourbeau, URBANIA</figcaption></figure><p>Assez visibles pour devenir un sujet de campagne, les immigrants ne le sont pourtant pas toujours lorsqu’arrive le temps de les courtiser comme électeurs.</p><p>Aux dernières élections municipales, raconte Saïf le Centre avait invité les cinq candidats à venir rencontrer ses membres. Un seul a accepté.</p><p>Saïf estime la communauté musulmane trifluvienne à quelque 5 000 personnes. Son message aux politiciens est simple : «&nbsp;Si on se met ensemble, on a un poids électoral. Considérez-nous au lieu de nous ignorer ou de nous utiliser comme boucs émissaires.&nbsp;»</p><p>Sur les réseaux sociaux, en revanche, personne ne semble les ignorer.</p><p>Saïf a simplement cessé de lire les commentaires. «&nbsp;C’est tellement désolant et violent.&nbsp;»</p><p>Chiraz décrit quelque chose de plus insidieux. À force de lire ce qui s’écrit sur sa communauté, elle en vient à poser un regard différent sur les gens qu’elle côtoie dans la vraie vie. Est-ce que mes patients pensent ça ? Mes collègues ? Mon quartier ?</p><p>Abdelhamid, lui, a réglé le problème il y a cinq ans en quittant les réseaux sociaux. «&nbsp;Ma vie est beaucoup meilleure depuis !&nbsp;», lance-t-il en riant.</p><p>Tous trois reviennent au même paradoxe. La brutalité qu’ils observent en ligne ressemble assez peu aux rapports qu’ils entretiennent avec leur communauté au quotidien.</p><p>«&nbsp;En personne, il n’y a pas de tabou avec mes voisins ou mes collègues. On jase et on blague de tout&nbsp;», dit Abdelhamid. En ligne, c’est autre chose.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/MM_5-600x400.jpeg" /><figcaption>Photo&nbsp;: Jean Bourbeau, URBANIA</figcaption></figure><p>Chez Saïf, ces années passées à devoir faire sa place ont fait émerger un réflexe.</p><p>«&nbsp;Dans notre inconscient, on a l’impression qu’il faut toujours en faire plus pour se démarquer et prouver qu’on a notre place.&nbsp;»</p><p>Vingt-trois ans après son arrivée au Québec, il aimerait ne plus avoir à faire ce calcul. Il aimerait aussi que les Québécois qui les côtoient prennent parfois leur défense lorsque le débat s’emballe. À ses yeux, le chacun-pour-soi ne fait qu’alimenter le repli identitaire.</p><p>Chez Chiraz, cette obligation de faire ses preuves provoque plutôt une fatigue générationnelle.</p><p>«&nbsp;Ma génération ne veut plus s’épuiser à essayer de prouver qu’on mérite notre place. Je fais mon travail adéquatement, je respecte les règles, mais je ne vais pas en faire deux fois plus juste pour obtenir une validation qui ne viendra jamais.&nbsp;»</p><p>Abdelhamid y voit plutôt une responsabilité partagée. Les politiciens contribuent au climat, au ton, à ce qui devient acceptable dans l’opinion publique. Mais ils répondent aussi, dit-il, à ce que les électeurs sont prêts à entendre, à accepter ou à réclamer. Un mouvement qui finit par s’alimenter lui-même.</p><p>Puis, vient la souveraineté. Trente et un ans après le référendum de 1995 et la sortie de Jacques Parizeau sur le «&nbsp;vote ethnique&nbsp;», la question demeure entière. Comment faire d’un projet de pays un horizon dans lequel tous ceux qui habitent le Québec peuvent se reconnaître ?</p><p>Autour de la table, personne ne prend la question à la légère. Pourtant, aucun des trois ne choisirait aujourd’hui l’indépendance proposée par le Parti Québécois.</p><p>Saif ne tergiverse pas : «&nbsp;Moi, je suis tout à fait contre !&nbsp;». Pour lui, l’indépendance affaiblirait le Québec dans un monde qu’il juge de plus en plus incertain. Abdelhamid partage certaines de ses inquiétudes et redoute notamment l’effet domino qu’une séparation pourrait provoquer ailleurs au Canada.</p><p>Chiraz, elle, est moins catégorique. Elle mesure l’importance de la question, mais son instinct la porte pour l’instant vers le maintien du Québec au sein du Canada.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/MM_1-600x400.jpeg" /><figcaption>Photo&nbsp;: Jean Bourbeau, URBANIA</figcaption></figure><p>Avant de partir, je leur pose une dernière question. À quoi aimeraient-ils que le Québec ressemble dans quatre ans ?</p><p>Saïf rêve d’un Québec beaucoup plus peuplé, convaincu que sa force économique passe aussi par le nombre. Jusqu’à 15 millions d’habitants. «&nbsp;Les gens, c’est le meilleur capital qu’un pays puisse avoir&nbsp;», dit-il, à condition de miser sur un solide système d’éducation publique.</p><p>Sa vision du Québec est d’abord économique. Davantage de citoyens, mieux formés, capables de circuler et de travailler dans une économie ouverte. Dans cette logique, la question linguistique devient moins identitaire que pratique. Il y voit d’ailleurs une contradiction entre un Québec soucieux de protéger le français et une réalité où le marché du travail exige souvent une bonne maîtrise de l’anglais.</p><p>Abdelhamid, fidèle à son optimisme, regarde plutôt devant. Il espère voir Montréal et les régions se rapprocher, les Québécois aussi. À ses yeux, ce rapprochement passe par une plus grande ouverture. «&nbsp;Le Québec n’a pas d’autre choix que de s’ouvrir.&nbsp;»</p><p>Chiraz, elle, demande des choses beaucoup plus immédiates : un meilleur système de santé, pouvoir accéder à la propriété, vivre dans un Québec dont elle pourra être fière. Des préoccupations somme toute ordinaires pour une Québécoise de 24 ans.</p><p>Puis, elle en ajoute une dernière.</p><p>«&nbsp;J’espère pouvoir continuer à exercer mon métier sans qu’on remette en question mon droit de travailler à cause de mon voile.&nbsp;»</p><p>On peut construire de très grands débats autour de choses qui, au quotidien, prennent peu de place.</p><p>Reste à savoir ce qu’elles deviennent à force d’en parler autant.</p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Jean Bourbeau</dc:creator>
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                                    <category>Politique</category>
                                    <category>Société</category>
                                    <category>URBANIA</category>
                                <pubDate>Fri, 18 Sep 2026 17:19:16 -0400</pubDate>
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                <title>« On vit dans une dystopie » : une manifestation contre l’IA dégénère</title>
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                <description>C’est en marge du plus grand événement consacré à l’intelligence artificielle (IA) au Canada, le sommet « ALL IN », qu’une manifestation « contre l’enfer de l’IA » a dégénéré, mercredi, à Montréal. Un photojournaliste qui allègue s’y être fait violenter par des policiers s’est confié à URBANIA. La nuit précédant l’événement, les bureaux de l’institut québécois d’IA Mila, […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>C’est en marge du plus grand événement consacré à l’intelligence artificielle (IA) au Canada, le sommet «&nbsp;ALL IN&nbsp;», qu’une manifestation «&nbsp;contre l’enfer de l’IA&nbsp;» a dégénéré, mercredi, à Montréal. Un photojournaliste qui allègue s’y être fait violenter par des policiers s’est confié à <i>URBANIA</i>.</p><p>La nuit précédant l’événement, les bureaux de l’institut québécois d’IA Mila, situés à Montréal, ont été vandalisés par des activistes. </p><p>Ces deux événements s’inscrivent dans la foulée d’un mouvement grandissant de contestation face à l’IA, ici et à travers le monde. </p><p>Dans les dernières semaines, le <a href="https://urbania.ca/article/3-affaires-qui-mont-fait-capoter-cette-semaine" target="_blank" rel="noopener">chercheur britannique Jacob Coxon a claqué la porte de son employeur</a>, Anthropic (la compagnie derrière le robot conversationnel Claude), affirmant que l’IA finirait par «&nbsp;tous nous tuer d’ici la fin de la décennie&nbsp;». Sa démission est survenue peu après <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/techno/2026-08-26/incident-d-openai-en-juillet/pres-de-700-agents-ia-se-sont-coordonnes-lors-de-la-cyberattaque.php" target="_blank" rel="noopener">la cyberattaque de la plateforme Hugging Face par quelque 700 agents IA (des programmes autonomes) d’OpenAI</a>.</p><p>Analyse d’une peur apocalyptique.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Wake_up-copie-600x400.jpg" /><figcaption>Photo : Salomé Maari, URBANIA</figcaption></figure><h4>DES OPPOSANTS INQUIETS</h4><p>C’est sous un éclairage tamisé que se sont rassemblés plus de 6 500 travailleurs de l’industrie de la tech et de l’IA à ALL IN, un sommet ayant pour but de «&nbsp;façonner l’innovation et la collaboration&nbsp;» au sein du domaine. Entre les murs du Palais des congrès, les conversations sur le futur de l’IA battaient leur plein sur fond de musique électro. </p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/ALL_IN_signe-copie-600x400.jpg" /><figcaption>Photo : Salomé Maari, URBANIA</figcaption></figure><p>À l’extérieur, une tout autre atmosphère se déployait au cœur de la Place Jean-Paul-Riopelle, des manifestants — une bonne partie masquée — s’étaient réunis pour contester la tenue de l’événement. Ils chantaient des slogans comme : «&nbsp;tout le monde déteste l’IA&nbsp;» et «&nbsp;<i>burn down data centers </i>» («&nbsp;brûlez les centres de données&nbsp;»).</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Genevieve_de_Breyne-Gagnon_2-copie-600x400.jpg" /><figcaption>Geneviève de&nbsp;Breyne-Gagnon prononçant un discours. (Photo : Salomé Maari, URBANIA)</figcaption></figure><p>Geneviève de Breyne-Gagnon s’était déplacée de Sherbrooke pour dénoncer <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2271988/centre-donnees-cryptomonnaie-sherbrooke" target="_blank" rel="noopener">le projet de méga centre de données de l’entreprise Keel Infrastructure</a>. En entrevue, elle a qualifié les centres de données de «&nbsp;monstres qui prennent de l’eau, de l’électricité, et qui vont faire du bruit&nbsp;». </p><p>«&nbsp;À Sherbrooke, les maisons qui vont être à côté du projet de méga centre de données se trouvent à 600 mètres&nbsp;», a-t-elle déploré.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Robot_contre_centre_donnees-copie-600x400.jpg" /><figcaption>Photo : Salomé Maari, URBANIA</figcaption></figure><p>«&nbsp;Au-delà de tout ça&nbsp;», a-t-elle poursuivi, «&nbsp;c’est aussi une infrastructure qui permet des projets de surveillance, de ciblage automatisé, comme on l’a vu à Gaza, en Iran et au Liban. Et je pense que c’est inacceptable qu’ils construisent ça dans notre cour arrière. Il faut vraiment qu’on empêche ces projets-là.&nbsp;»</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/PauseAI-copie-600x400.jpg" /><figcaption>Jeremy Eliosoff, membre du collectif PauseAI. (Photo : Salomé Maari, URBANIA)</figcaption></figure><p>Jeremy Eliosoff fait partie du collectif canadien PauseAI, qui sensibilise le public aux risques liés aux systèmes d’IA avancés. Il s’est dit «&nbsp;inquiet&nbsp;» par les propos des récents lanceurs d’alerte. «&nbsp;Il y a beaucoup de gens qui suivent ce sujet depuis des années, voire des décennies. Donc, je suis en quelque sorte content que ça devienne un sujet <i>mainstream</i>. Que les gens prennent peu à peu conscience des risques.&nbsp;»</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Jacob_Pirro_manif_IA-copie-600x400.jpg" /><figcaption>L’activiste écologiste Jacob Pirro. (Photo : Salomé Maari, URBANIA)</figcaption></figure><p>L’activiste écologiste Jacob Pirro, <a href="https://urbania.ca/article/du-pont-jacques-cartier-a-la-prison-les-activistes-ecologistes-qui-lont-grimpe-denoncent-du-profilage-politique" target="_blank" rel="noopener">connu pour avoir grimpé le pont Jacques-Cartier en 2024 dans le cadre d’une action pour la justice climatique</a>, était lui aussi présent. «&nbsp;On ne se fait pas écouter et les choses vont dans la mauvaise direction, autant d’un point de vue social que climatique&nbsp;», a-t-il déclaré.</p><p>Mercredi, l’ex-candidat du Parti vert du Canada n’était pas qu’un simple manifestant : il jouait le rôle de «&nbsp;médic de manif&nbsp;». </p><p>«&nbsp;Le but, c’est de s’assurer qu’on est capable d’avoir un minimum de sécurité parce que là, on voit qu’il y a énormément de présence policière&nbsp;», a-t-il dit, avant que tout n’éclate, environ une heure et demie plus tard. </p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Olive_AI-copie-600x400.jpg" /><figcaption>« On vit vraiment dans une dystopie », a déclaré Olive, 18&nbsp;ans. (Photo : Salomé Maari, URBANIA)</figcaption></figure><h4>UN PHOTOJOURNALISTE ALLÈGUE AVOIR ÉTÉ ATTAQUÉ PAR LA POLICE</h4><p>Le photojournaliste indépendant William Wilson, qui collabore souvent avec le média anglophone <i>The Rover</i>, couvrait la manifestation lorsqu’il aurait été aspergé au visage de poivre de cayenne par un policier, raconte-t-il. </p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Pepper_spray-600x400.png" /><figcaption>Le moment où William Wilson aurait été aspergé de poivre de cayenne.&nbsp; (Photo fournie par William Wilson)</figcaption></figure><p>Il aurait par la suite été «&nbsp;poussé au sol&nbsp;» par la police. «&nbsp;Au moins deux agents ont commencé à me donner des coups de pied alors que j’étais à terre&nbsp;», dit-il. «&nbsp;J’ai aussi senti des coups de matraque, bien plus violents. Ils me frappaient aux jambes, à l’abdomen, à la colonne vertébrale, au cou et à la tête.&nbsp;» Il aurait alors crié «&nbsp;je suis blessé&nbsp;» avant de recevoir un coup de matraque au visage.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Wilson_police-600x394.jpg" /><figcaption>William Wilson, par terre, lors de son altercation avec les policiers. (Photo fournie par Hugo Genest)</figcaption></figure><p>Wilson souligne qu’il est connu des policiers, qu’il s’est identifié comme un journaliste à plusieurs reprises et qu’il portait une identification visuelle de membre de la presse. </p><p>Le photographe dit avoir passé environ huit heures à l’hôpital à la suite de la manifestation. Il n’a aucune blessure majeure, mais <i>URBANIA</i> a tout de même pu consulter des photos de ses blessures, qui comprennent des ecchymoses et des lacérations.</p><p>Wilson, qui couvre souvent des manifestations de ce genre, constate une montée de la répression policière à l’égard des manifestants et se dit «&nbsp;dégoûté par la manière dont [les policiers] traitent les journalistes&nbsp;». </p><p>Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n’a pas pu confirmer ses allégations. Toutefois, il a confirmé que du gaz irritant avait été utilisé par les policiers pour disperser les manifestants, affirmant que le corps policier a été visé par des objets lancés par des protestataires. Une personne de 19 ans a été arrêtée pour agression armée.</p><p>Une vidéo publiée sur le compte Instagram d’un photographe montre une altercation musclée entre un manifestant et plusieurs policiers. </p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Vitres_cassees_Mila-copie-600x400.jpg" /><figcaption>Lors du passage d’URBANIA devant les bureaux de Mila, mercredi après-midi, un employé d’entretien s’affairait à réparer les dégâts d’un acte de vandalisme. (Photo : Salomé Maari, URBANIA)</figcaption></figure><h4>LES BUREAUX DE L’INSTITUT MILA VANDALISÉS</h4><p>C’est dans la nuit de mardi à mercredi que des vitres des bureaux rosemontois de l’Institut Mila, dont le fondateur est le très prisé chercheur et professeur Yoshua Bengio, ont été fracassées. Des graffitis tels que «&nbsp;<i>Fuck AI</i>&nbsp;» et «&nbsp;<i>Burn data centers</i>&nbsp;» («&nbsp;Brûlez les centres de données&nbsp;»), ainsi qu’un symbole anarchiste, ont été peints sur les façades de l’immeuble.</p><figure><img src="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Fuck_AI_graf-copie-600x400.jpg" /><figcaption>Photo : Salomé Maari, URBANIA</figcaption></figure><p>Selon le SPVM, un groupe d’une dizaine de personnes serait derrière cet acte de vandalisme et une femme de 25 ans a été arrêtée en lien avec l’affaire. On l’a emmenée en détention, avant de la relâcher sans condition. Une enquête est toujours en cours. </p><p>L’Institut de recherche Mila «&nbsp;déplore&nbsp;» cet acte de vandalisme et «&nbsp;d’intimidation&nbsp;» et rappelle que bon nombre des travaux menés par ses équipes « portent précisément sur l’encadrement des risques sociétaux, la protection de la vie privée, l’alignement de l’IA sur la sécurité humaine et la justice sociale&nbsp;».</p><p>Une autre manifestation contre l’IA aura lieu le 26 septembre, à Montréal. </p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Salomé Maari</dc:creator>
                                                                  <enclosure url="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Copie-de-Copie-de-TEMPLATE-URB-Illu-9x16-1920x1080px-4.jpg" length="0" type="image/jpeg" />
                                                    <category>Enjeux</category>
                                    <category>Société</category>
                                    <category>URBANIA</category>
                                <pubDate>Fri, 18 Sep 2026 20:49:28 -0400</pubDate>
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                <title>Le sport féminin : une attrape pour monétiser les insécurités des femmes?</title>
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                <description>Le 20 avril 2024, une foule record assiste à un match de hockey féminin au Centre Bell. Deux ans plus tard, en juillet 2026, un autre record y est battu, cette fois pour un match de saison de la WNBA.  Fièrement vêtue de mon chandail Gay for Women’s Sports, je me suis rendue au Centre […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Le 20 avril 2024, <a href="https://ici.radio-canada.ca/sports/2066545/hockey-feminin-montreal-toronto-record">une foule record</a> assiste à un match de hockey féminin au Centre Bell. Deux ans plus tard, en juillet 2026, <a href="https://ici.radio-canada.ca/sports/2268416/wnba-record-tempo-toronto-dallas">un autre record</a> y est battu, cette fois pour un match de saison de la WNBA. </p><p>Fièrement vêtue de mon chandail<i> Gay for Women’s Sports</i>, je me suis rendue au Centre Bell deux fois plutôt qu’une pour prendre part à ces moments historiques. À deux reprises, j’ai sorti mon portefeuille pour financer <a href="https://www.inc.com/fast-company-2/the-rise-of-womens-sports-is-reshaping-the-entire-industry/91338008">une industrie en pleine croissance</a>. Et ces deux fois, on m’a fait comprendre que si moi, j’étais là à titre de fan, les commanditaires, eux, me voyaient d’abord et avant tout comme une femme.</p><p>En sirotant mon Coke diète à 12 $, l’animatrice de foule s’exclame : «&nbsp;Attention, PLUIE DE <i>CONCEALER</i> DANS 3-2-1! », après quoi de tout petits sacs affublés du logo Sephora sont tombés du «&nbsp;ciel&nbsp;» (la passerelle). Des boîtes de tampons virevolteront aussi parmi les 20 000 fans, tandis que le nom OZEMPIC défile sur les bandes publicitaires du centre sportif. </p><p>Comprenez-moi bien, je suis reconnaissante de l’essor que connaît actuellement le sport professionnel féminin et suis émue de voir des professionnelles gagner en notoriété. Ce que je remets en question, ce sont toutes ces commandites «&nbsp;pour femmes&nbsp;». Disons que ça fait un peu : « Allez, les belles cocottes » (dit avec une voix rauque).</p><p>En d’autres termes, si on reconnaît enfin que les femmes aiment le sport, on continue de les réduire à des consommatrices de produits traditionnellement associés à la féminité. </p><h4>Célébrer la puissance féminine, monétiser les insécurités qui viennent avec </h4><p>Les femmes ont toujours aimé le sport. C’est l’industrie qui vient de réaliser qu’elles étaient aussi une clientèle rentable. On ne le voit pas qu’avec la création et l’expansion de la LPHF et la WNBA : plus récemment, chaque étape du<a href="https://www.sports.fr/cyclisme/tour-de-france-femmes-france-televisions-le-verdict-tombe-apres-les-critiques-1033813.html"> Tour de France </a>Femmes a attiré 2,7 millions de téléspectateurs sur France Télévision seulement. </p><p>Le message est puissant : les femmes peuvent être compétitives et admirées pour leurs prouesses physiques. Le sport célèbre ce qu’on demande traditionnellement aux femmes de contrôler ou de faire disparaître, comme la masse musculaire et la sueur.</p><p>C’est donc paradoxal que les pauses publicitaires, elles, vendent aux spectatrices des produits qui sous-entendent que le corps féminin doit être amélioré ou géré au millimètre près :  « Achetez ceci pour améliorer votre face, votre cos et vos plis de genoux ». </p><p>Quand je me fais garrocher des tampons, ce n’est pas la boîte de Tampax, le problème. C’est la contradiction entre le fait de me trouver dans un environnement qui célèbre le corps féminin pour sa puissance et son endurance et celui de me faire vendre des produits qui ramènent l’attention vers ses contraintes et fonctions biologiques. </p><p>Franchement, je trouve ça inapproprié, voire condescendant. Pourquoi juxtaposer la célébration du corps féminin avec une culture publicitaire qui continue de présenter la minceur comme une preuve ultime de réussite personnelle? </p><p>Bien sûr, je suis consciente que le marketing entourant les sports masculins n’est pas exempt des clichés MÂÂÂLES : virilité, domination, force. En regardant le Canadien à la télé, je vois défiler les pubs de Gillette, Ford, Old Spice et RONA. Je ne dis pas que c’est plus sain, mais à mon avis, ces stéréotypes renforcent au moins l’image d’un corps performant plutôt que ses lacunes. </p><h4>La psychologie derrière le marketing genré </h4><p>Le marketing fonctionne par simplification. Pour une campagne publicitaire, <a href="https://www.simon-kucher.com/en/insights/3-key-reasons-use-market-segmentation-strategic-tool">une entreprise segmente les consommateurs par catégorie</a>. C’est pratique pour identifier rapidement qui achète quoi, <a href="https://shs.cairn.info/genre-et-marketing--9782376873693-page-35?lang=fr">mais ça reproduit aussi de nombreux stéréotypes.</a> Dans le cas du sport féminin, ces stéréotypes sont carrément nuisibles : une fan de sport est femme avant d’être fan.</p><p>Comme on lie naturellement l’univers du sport féminin à des valeurs positives comme la force, la confiance, l’émancipation, ces associations peuvent déteindre sur les publicités présentées dans ce contexte. Une marque comme Mattel (partenaire officiel de la LPHF), par exemple, peut profiter de de ce contexte tout en réintroduisant l’idée que le corps féminin doit être corrigé. </p><h4>La commandite que j’espère</h4><p>Alerte aux grosses marques capitalistes : les lesbiennes constituent une grande proportion des fans de sport féminin. ELLES SONT TOUTES LÀ.</p><p>La preuve : je croise sans faute toutes mes ex aux matchs de la Victoire. Ce n’est pas une statistique officielle, mais mon échantillon personnel devrait suffire à vous convaincre. </p><p>Avis à Home Depot : profitez-en, c’est le temps de nous lancer des 2×4. Subaru, c’est le temps de sortir la nouvelle Outback en la faisant tomber du plafond. Lâchez-vous lousse dans les stéréotypes, ça ne me dérange pas tant. </p><p>MEC, je vous attends. Je veux gagner un mousqueton pour l’accrocher à mon autre mousqueton. </p><h4>Traitez-nous comme des fans </h4><p>Maintenant que les marques ont compris que le sport FÉMININ intéresse les foules, dommage qu’on s’entête à vendre aux femmes une couple de complexes entre deux tours de zamboni. </p><p>Pas besoin d’une Barbie, de la pilule du lendemain, ou d’un phare à joues. Faites tirer une tondeuse, une carte cadeau Mikes, une scie sauteuse. Quelque chose que je pourrai fièrement montrer à la visite. </p><p>Je n’ai pas acheté un billet pour qu’on me rappelle que j’ai des pores et des paupières, je suis ici pour me pavaner dans mon chandail <i>Gay for Women’s Sports</i> et hurler des mots d’encouragement à des athlètes que j’admire. </p><p>Cela dit, j’insiste pour le mousqueton gratuit. </p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Yasmina Leveille</dc:creator>
                                                                  <enclosure url="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/Q95-ILLU-sportfeminin.jpg" length="0" type="image/jpeg" />
                                                    <category>Consommation</category>
                                    <category>Quatre95</category>
                                <pubDate>Fri, 18 Sep 2026 11:05:41 -0400</pubDate>
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                    <item>
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                <title>“Je vais te vi*ler” : qui veut la peau des gameuses ?</title>
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                <description>Insultes misogynes à la moindre prise de parole, menaces de vi*l, drague lourde et harcèlement ciblé : aujourd’hui, si près d’un joueur sur deux est une femme, le web reste un terrain d’hostilité permanente. Pour continuer à jouer sans être ciblées sur leur genre, beaucoup de joueuses rusent avec des stratégies de survie et d’esquive […]
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Insultes misogynes à la moindre prise de parole, menaces de vi*l, drague lourde et harcèlement ciblé : aujourd’hui, si près d’un joueur sur deux est une femme, le web reste un terrain d’hostilité permanente. Pour continuer à jouer sans être ciblées sur leur genre, beaucoup de joueuses rusent avec des stratégies de survie et d’esquive : couper le micro ou changer de PP.</p><p>Mais nombreuses entendent surtout changer le web à la racine. Et face à la défaillance des plateformes et à une culture historiquement et structurellement masculine, des initiatives s’organisent : communautés en mixité choisie, safe spaces et associations de luttes contre le sexisme, la misogynoire et l’exclusion en ligne émergent partout.</p><p>Entre autodéfense numérique, failles de la modération et témoignages sans filtre, une enquête de notre journaliste Laura Marie pour vous plonger dans le combat de ces gameuses qui réinventent les règles du jeu.</p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Urbania</dc:creator>
                                                                  <enclosure url="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/SITE-WEB-2.jpg" length="0" type="image/jpeg" />
                                                    <category>URBANIA France</category>
                                <pubDate>Fri, 18 Sep 2026 11:02:06 -0400</pubDate>
            </item>
                    <item>
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                <title>Cul-de-sac à Chicoutimi | Roadtrip électoral URBANIA</title>
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                <description>Les campements sont devenus une réalité même à Chicoutimi, où l’itInérance visible a bondi ces dernières années. Le directeur du seul refuge local s’inquiète de l’absence d’option s’offrant à sa clientèle, après être passée par ses services.
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                <content:encoded><![CDATA[<p>Les campements sont devenus une réalité même à Chicoutimi, où l’itInérance visible a bondi ces dernières années. Le directeur du seul refuge local s’inquiète de l’absence d’option s’offrant à sa clientèle, après être passée par ses services.</p>]]></content:encoded>
                                    <dc:creator>Hugo Meunier</dc:creator>
                                                                  <enclosure url="https://cdn.urbania.ca/media/2026/09/XX_Derush_Jour_5.00_57_26_09.Still002.png" length="0" type="image/png" />
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                                <pubDate>Fri, 18 Sep 2026 08:11:55 -0400</pubDate>
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